Présence militaire surprise : l’Algérie accueille discrètement des Su-57 russes

L’Algérie, en pleine modernisation militaire avec l’achat des Su-57E, se retrouve au cœur de tensions internationales.

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Présence militaire surprise : l’Algérie accueille discrètement des Su-57 russes
Présence militaire surprise : l’Algérie accueille discrètement des Su-57 russes © Armees.com

L’Algérie se retrouve au centre d’un débat géopolitique important après l’acquisition récente de chasseurs russes Su-57E, qui a suscité des inquiétudes à l’étranger. Dans son magazine El Djeich, publié en juin 2025, les enjeux stratégiques de la modernisation militaire du pays sont mis en avant, avec un intérêt particulier pour le rôle grandissant des drones et l’optimisation des capacités des forces aériennes. Pourtant, le dossier de trente pages ne mentionne pas la modernisation de ces forces, ce qui alimente de nombreuses spéculations, tant à l’intérieur du pays qu’à l’international.

La modernisation des forces aériennes en Algérie

Le général Saïd Chanegriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), insiste sur la nécessité pour les forces aériennes de « contrôler totalement » l’espace aérien algérien tout en s’adaptant aux guerres modernes où l’aviation militaire prend de l’importance. Cette stratégie s’est concrétisée par une commande passée en 2019 pour quatorze Su-35 auprès de Moscou, confirme Zone Militaire. Même si le dossier ne donne pas beaucoup de détails techniques, la citation du général montre la volonté algérienne d’améliorer ses moyens aériens.

Su-57E : images, rumeurs et détails techniques

Des vidéos récentes, tournées près de la base aérienne d’Oum el Bouaghi et d’Aïn Oussera, montrent des appareils identifiés comme des Su-57E, malgré l’absence de confirmation officielle algérienne. Ces avions peuvent atteindre Mach 2,42 et voler jusqu’à 19 000 mètres. Ils représentent une avancée en armement avec des radars en bande L et X et l’emport de missiles Kh-69. En février, la télévision d’État algérienne évoque l’achat de six Su-57E, et des documents divulgués par le collectif Black Mirror ont donné plus de substance à des rumeurs qui durent depuis sept ans.

Sur le plan local, ces évolutions sont aussi observées de près. Un article consacré à la base d’Oum el Bouaghi met en avant les drones, et plusieurs vidéos ont été filmées par des cultivateurs et des observateurs de la région d’Aïn Beida. La mise en présentation publique de ces appareils reste toutefois controversée : leur arrivée a davantage été perçue via les réseaux sociaux que par des annonces officielles.

Ça bouge à l’international : sanctions et réactions possibles

L’achat des Su-57E a rapidement attiré l’attention des États-Unis, soulignant la complexité des relations d’Alger avec Moscou et Washington. Robert Palladino, directeur du Bureau des affaires du Proche-Orient au département d’État américain, a mis en garde contre la possible mise en œuvre de sanctions, en évoquant la loi CAATSA (Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act) comme moyen de pression pour contrer une alliance jugée « inacceptable ». Selon le plaideur marocain Amine Ayoub, cela pourrait avoir des conséquences économiques importantes pour l’Algérie, pouvant aller jusqu’à restreindre l’accès au système financier européen et isoler Sonatrach.

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