Le Portugal fait un pas important pour renouveler sa flotte. La Força Aérea Portuguesa (FAP) a annoncé sa priorité d’acquérir au moins 14 avions de combat de cinquième génération pour remplacer sa vieillissante flotte de F-16, confirme Zone Militaire. Cette décision marque un tournant dans la stratégie de défense du pays et souligne la nécessité de moderniser ses capacités aériennes face aux besoins opérationnels accrus.
Pourquoi le renouvellement s’impose
En 2019, l’état-major de la FAP avait déjà insisté sur le besoin de maintenir 24 F-16AM/BM en service jusqu’à leur remplacement par des avions plus modernes. Certains de ces F-16 ont plus de 31 ans de service, et d’autres approchent les 40 ans, ce qui les met en fin de vie opérationnelle. Le général João Cartaxo Alves, chef de la FAP, a rappelé que « le remplacement des F-16 aurait dû être entamé il y a une vingtaine d’années », pointant non seulement le retard du Portugal mais aussi une tendance similaire observée au Danemark et en Norvège, qui avaient lancé des démarches dès 2008 ou 2009.
Un épisode diplomatique en mars dernier, des échanges tendus à la Maison Blanche entre Donald Trump, alors président des États-Unis, et Volodymyr Zelenski, président ukrainien, a poussé le ministre portugais de la Défense, Nuno Melo, à revoir les options du pays. Il a insisté sur l’importance de maximiser « les retombées industrielles » et sur l’intérêt de la « prévisibilité de nos alliés » dans le cadre de l’OTAN.
Qui veut vendre quoi et où en est-on
Plusieurs industriels se positionnent pour décrocher ce marché. Lockheed Martin propose le F-35A, un chasseur-bombardier de cinquième génération. Le groupe suédois Saab est aussi sur le coup et a entamé des discussions avec Lisbonne pour proposer son JAS-39 Gripen E/F.
Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a dit travailler activement avec le Portugal pour promouvoir le Rafale, qui est présenté comme un candidat sérieux face aux autres. De son côté, le consortium Eurofighter, représenté par Airbus Defence & Space, a signé un protocole d’accord en octobre avec l’industrie aérospatiale portugaise, fédérée au sein de AED Cluster Portugal, ce qui marque une étape importante dans la coopération industrielle.
Nuno Melo a aussi souligné la nécessité d’encourager la concurrence entre Lockheed Martin et les industriels européens pour faire baisser les coûts : « quand il y a plusieurs concurrents, cela signifie que le prix baisse », a-t-il déclaré.








