L’Europe va franchir un cap décisif avec l’arrivée d’Ariane 6, la plus grosse fusée du vieux continent. Normalement mise en service dès mi-2024, cette fusée marque un tournant pour l’Europe qui souhaite asseoir sa place dans le milieu spatial mondial. Ariane 6 se décline en deux versions, Ariane 62 et Ariane 64, chacune pensée pour répondre à des besoins bien spécifiques. Le développement et les premiers lancements s’inscrivent dans une démarche ambitieuse menée par des acteurs comme Arianespace et des partenaires tels qu’Amazon, illustrant les progrès en technologie aérospatiale.
Un petit tour sur Ariane 62 et Ariane 64
La version Ariane 62 se dote de deux propulseurs latéraux. Elle est idéale pour mettre en orbite des satellites appartenant à la constellation Galileo, le projet européen de géolocalisation. De plus, c’est elle qui a été choisie pour lancer le satellite Sentinel-1D, dédié à l’observation de la Terre, le 4 novembre. D’ici la fin de 2025, cette version aura comptabilisé cinq lancements, dont quatre à visée commerciale. Elle peut embarquer :
- 10 tonnes en orbite basse
- 5 tonnes en orbite géostationnaire
- 7,2 tonnes en orbite héliosynchrone
- 3,5 tonnes en orbite de transfert lunaire
De son côté, Ariane 64 se démarque par sa puissance supplémentaire grâce à deux boosters en plus. Sa capacité est doublée par rapport à Ariane 62 :
- 20 tonnes en orbite basse
- 11 tonnes en orbite géostationnaire
- 15,5 tonnes en orbite héliosynchrone
- 8,6 tonnes en orbite de transfert lunaire
Cette version est destinée à déployer des satellites pour la constellation Kuiper d’Amazon, un projet audacieux qui se mesure à Starlink de SpaceX.
Quelques embûches et reports dans le programme Ariane
Le premier vol d’Ariane 64, initialement prévu pour 2025, a été repoussé à 2026. Arianespace n’a pas encore communiqué de date précise pour ce lancement et indique qu’elle sera annoncée un mois à l’avance. Le carnet de commandes connaît quelques ajustements : à la World Space Business Week de Paris, on a précisé que le nombre de lancements pour 2025 passerait de cinq à quatre.
Pour 2025, deux lancements sont prévus au lieu des trois envisagés au départ, rapporte La Dépêche. Parallèlement, Arianespace mise sur une montée en vitesse rapide en visant dix lancements par an d’ici 2027 pour atteindre la rentabilité.
Des partenariats stratégiques et des ambitions pour l’avenir
Un partenariat important relie Arianespace à Amazon, qui a réservé pas moins de dix-huit lancements parmi une trentaine inscrits au carnet de commandes pour sa constellation de satellites. Amazon prévoit d’utiliser Ariane 64 pour lancer environ trente satellites à chaque tir, participant ainsi au déploiement de plus de 3 200 satellites destinés à offrir un accès internet haut débit à l’échelle mondiale.
David Cavaillolès, patron d’Arianespace, a expliqué : « Ce n’est pas une mauvaise nouvelle. Ce qui compte, ce n’est pas que nous en fassions un de moins, mais que nous (en) confirmions quatre, ce qui représente l’une des montées en puissance les plus rapides jamais réalisées. »








