Soupçons d’ingérence américaine au Groenland : Copenhague convoque un diplomate

Le Danemark convoque un diplomate américain après des soupçons d’ingérence au Groenland, ravivant les tensions liées aux ambitions de Donald Trump.

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Soupçons d’ingérence américaine au Groenland : Copenhague convoque un diplomate
Soupçons d’ingérence américaine au Groenland : Copenhague convoque un diplomate © Armees.com

Selon un reportage de la télévision publique danoise DR, au moins trois citoyens américains liés à Donald Trump auraient tenté d’exercer une influence sur la politique du Groenland. Ces révélations soulèvent de nouvelles inquiétudes autour des relations bilatérales entre Washington et Copenhague, déjà fragilisées depuis que l’ancien président américain avait exprimé, en mars dernier, son désir d’acheter l’île.

Danemark et Groenland, au cœur d’une controverse diplomatique

Les autorités danoises ont agi avec fermeté en convoquant Mark Stroh, chargé d’affaires américain. Le ministre des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, a expliqué que, dans des propos rapportés par le Washington Post, « toute tentative d’ingérence dans les affaires internes du royaume serait bien entendu inacceptable ». Cette déclaration s’inscrit dans un contexte déjà tendu entre le Danemark et les États-Unis. Le reportage diffusé par DR évoque au moins trois Américains identifiés comme proches de l’administration Trump. Ces derniers auraient séjourné à plusieurs reprises au Groenland, rencontrant aussi bien des responsables politiques que des acteurs économiques locaux. Selon l’enquête, ils auraient établi des listes de personnalités favorables ou hostiles à un éventuel rapprochement avec les États-Unis.

Cette information, confirmée par plusieurs agences, rappelle les méthodes d’opérations d’influence connues dans d’autres contextes. Pour Copenhague, la question est particulièrement sensible. Le Groenland, territoire autonome peuplé d’environ 57 000 habitants, occupe une place stratégique dans l’Arctique. Sa position géographique et ses richesses minières attirent depuis longtemps les convoitises, notamment celles des États-Unis. Déjà en 2019, Donald Trump avait suscité la stupeur en proposant d’acheter l’île, avant de réitérer son intérêt cette année. L’idée avait été sèchement rejetée par la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, qui avait déclaré que le Groenland « n’était pas à vendre ».

Des soupçons d’ingérence aux motivations économiques

Les services de renseignement danois (PET) ont confirmé que des acteurs étrangers continuaient de manifester un intérêt marqué pour le Groenland et pour sa place au sein du royaume. « Nous sommes conscients que des acteurs étrangers s’intéressent toujours au Groenland et à sa position dans le Royaume du Danemark » a reconnu Lars Løkke Rasmussen, dans des propos rapportés par AP News. Le ministre a par ailleurs annoncé un renforcement de la vigilance des services de sécurité. Le cœur du problème dépasse la seule dimension politique. Le Groenland abrite d’importantes réserves de minerais critiques, dont le lithium et le titane. Dans un contexte mondial où la transition énergétique accélère la demande en métaux rares, le contrôle de ces ressources représente un enjeu stratégique majeur.

Pour Washington, un affaiblissement du lien entre le Danemark et le Groenland ouvrirait potentiellement la voie à des accords bilatéraux directs avec Nuuk, la capitale groenlandaise. Les accusations relayées par DR et confirmées par plusieurs médias internationaux évoquent une campagne visant à préparer le terrain à une éventuelle sécession du Groenland. Selon Reuters, l’objectif aurait été de promouvoir un discours sur l’indépendance, susceptible de fragiliser la tutelle danoise. De telles démarches, menées en coulisses par des individus liés à l’ancien président Trump, posent un problème de souveraineté directe au Danemark. À Copenhague, la fermeté affichée traduit l’importance stratégique que le royaume accorde à la cohésion du territoire. Dans un pays de 5,8 millions d’habitants, la perte du Groenland ne serait pas seulement symbolique : elle signifierait un recul géopolitique majeur, alors même que la région arctique connaît une militarisation croissante.

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