Département de la Défense : Donald Trump veut revenir au nom historique de la Guerre

Dans un geste hautement symbolique, Donald Trump a annoncé vouloir rebaptiser le Département de la Défense américain en Département de la Guerre. Une déclaration forte, à la portée idéologique assumée, qui relance le débat sur l’image que les États-Unis veulent projeter de leur puissance militaire.

Publié le
Lecture : 3 min
Département de la Défense : Donald Trump veut revenir au nom historique de la Guerre
Département de la Défense : Donald Trump veut revenir au nom historique de la Guerre | Armees.com

Le 25 août 2025, lors d’une rencontre officielle dans le Bureau ovale avec le président sud-coréen Lee Jae Myung, le président américain Donald Trump a publiquement exprimé son souhait de changer le nom du Département de la Défense. L’idée ? Rétablir son ancienne dénomination historique : Département de la Guerre. Une proposition controversée qui, au-delà du symbole, soulève des implications juridiques, politiques et militaires importantes.

Un retour aux racines militaires voulu par Donald Trump

« Je ne veux pas être uniquement dans la défense. Nous voulons aussi de l’offensive », a déclaré Donald Trump le 25 août 2025 à la Maison-Blanche, rapporte Politico.

Lors de cet échange, Donald Trump a justifié sa volonté de revenir à l’appellation utilisée jusqu’en 1947, avant que l’administration Truman n’instaure le nom actuel. Selon lui, les États-Unis ont remporté « des victoires incroyables » à une époque où l’organisme portait le nom de Département de la Guerre. Ce constat serait, selon Trump, le signe qu’il faut rompre avec une posture purement défensive. Il affirme notamment : « Tout le monde aime qu’on ait un incroyable historique de victoires quand c’était le département de la Guerre. Après, nous l’avons changé pour ministère de la Défense. »

Une stratégie soutenue par Pete Hegseth, incarnation du « warrior ethos »

Ce projet n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une ligne doctrinale assumée, incarnée par Pete Hegseth, actuel secrétaire à la Défense, que Trump appelle déjà ironiquement « Secretary of War ». Lors du sommet de l’OTAN de juin dernier, Trump avait déjà évoqué cette possibilité en dénonçant un « politiquement correct » devenu, selon lui, omniprésent dans les institutions américaines. Il affirmait alors : « Ensuite, nous sommes devenus politiquement corrects et ils l’ont appelé secrétaire à la Défense. »

Pete Hegseth, ancien militaire médiatisé, a été nommé avec la mission explicite de restaurer ce qu’il appelle le « warrior ethos », littéralement l’éthique du guerrier — une culture fondée sur l’agressivité stratégique, le patriotisme martial et le refus de la passivité opérationnelle.

Sur son compte personnel X, il a même demandé à ses abonnés s’ils préféraient le nom de Department of War à celui de Department of Defense. Résultat : la majorité a voté pour le premier.

Un changement de nom aux lourdes implications légales

Le nom actuel du Département de la Défense ne résulte pas d’un simple choix cosmétique : il découle du National Security Act de 1947, une loi qui a structuré la hiérarchie militaire moderne des États-Unis. Pour opérer un tel changement, il faudra donc que le Congrès vote une modification législative.

Trump semble minimiser cet obstacle. Il a affirmé : « Je ne pense pas que ce soit nécessaire… Nous allons simplement le faire. Je crois que le Congrès suivra si nous en avons besoin. », rapporte le média coréen MAEIL Business Newspaper.

Toutefois, plusieurs spécialistes interrogés dans la presse rappellent que seul un acte législatif peut officialiser une telle modification. Cette initiative, bien qu’elle puisse commencer par une communication institutionnelle ou des usages internes, devra tôt ou tard être validée par les deux chambres du Parlement.

Un basculement sémantique révélateur d’une vision du monde

En revenant au mot « guerre », Trump ne fait pas qu’agiter un symbole. Il réaffirme une ligne stratégique : celle d’un pays qui se conçoit non comme un rempart, mais comme un acteur dominant de la scène militaire mondiale. Cette rhétorique séduit une partie de l’électorat conservateur, qui voit dans cette posture une réponse à la fois au déclin perçu de la puissance américaine et à l’expansion des conflits internationaux.

Mais elle inquiète aussi les diplomates, les alliés et certains responsables militaires, pour qui ce changement pourrait brouiller les intentions des États-Unis à l’étranger. D’un point de vue purement sémantique, le mot Défense renvoie à une stratégie dissuasive et légitime, tandis que Guerre évoque l’affrontement, l’attaque, l’agression. Pour les partenaires internationaux, cette nuance n’est pas anodine.

D’ailleurs, aucune déclaration officielle du Département n’a été diffusée, si ce n’est celle de la porte-parole adjointe Anna Kelly, qui a justifié l’initiative en ces termes : « C’est pour cela qu’il a donné la priorité aux combattants au Pentagone au lieu de l’idéologie woke et de la diversité. », d’après les propos rapportés par Politico.

Une redéfinition stratégique du Département au cœur du débat politique

Ce projet de changement de nom du Département de la Défense, qui pourrait paraître anecdotique, s’inscrit dans une démarche stratégique assumée par Donald Trump : réaffirmer une posture offensive, abandonner la rhétorique du politiquement correct, et restaurer une tradition militariste. Sa concrétisation dépendra du Congrès, mais son impact symbolique est déjà fort : c’est une redéfinition de l’image que les États-Unis souhaitent projeter au monde.

Laisser un commentaire

Share to...