Jeudi après-midi, le président américain Donald Trump a annoncé l’annulation des frappes prévues contre l’Iran, après ce qu’il a qualifié d’avancée prometteuse dans les négociations visant à mettre fin au conflit. Il a fait cette déclaration lors d’un événement au Bureau ovale, dans un climat très tendu.
Les tensions : comment on en est arrivé là
Le conflit a éclaté le 28 février, quand les États-Unis et Israël ont mené une attaque conjointe contre l’Iran. Un cessez-le-feu avait été instauré en avril, mais il est resté fragile.
Ces derniers jours, les tensions ont repris avec deux jours d’attaques aller-retour entre les États-Unis et l’Iran, après que Trump a accusé l’Iran d’avoir abattu un hélicoptère américain près du détroit d’Ormuz.
Les frappes aériennes américaines de riposte ont visé des sites où étaient basées des troupes américaines, ce qui a tendu encore la situation. Ces échanges ont aussi eu des répercussions sur l’énergie : la perturbation du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a fait monter les prix des carburants et des denrées alimentaires.
Ce qui se passe dans les négociations et à l’international
D’après Trump, un accord de paix destiné à prolonger le cessez-le-feu pourrait être signé dans les prochains jours, rapporte le New York Times. Esmail Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a toutefois indiqué que le texte est « pour l’essentiel finalisé », mais que des contradictions dans la position américaine ont créé des turbulences dans les discussions en cours.
Le bureau du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a précisé qu’Israël n’est pas partie à cet accord en préparation. Netanyahu a exprimé des réserves : l’accord ne réglerait pas les affrontements en cours au Liban entre le Hezbollah et Israël. L’Iran exige que tout accord prévoie aussi une cessation des hostilités dans cette région, tandis qu’Israël veut continuer à détruire les forces du Hezbollah.
Le revirement de Trump et les conséquences économiques
Jeudi, Trump a d’abord menacé sur les réseaux sociaux de frapper l’Iran « très fort » et de prendre le contrôle total des industries pétrolières et gazières iraniennes. Quatre heures plus tard, son ton avait changé : il affirmait que des points importants des négociations avaient été approuvés au plus haut niveau de la direction iranienne.
En avril, Trump avait déjà proféré des menaces sévères, avertissant qu’« une civilisation entière mourrait » si l’Iran n’acceptait pas ses conditions.
Ses menaces de saisir militairement l’île stratégique de Kharg ont fait réagir partout dans le monde, car cette île concentre 90 % des exportations iraniennes. Les conséquences économiques sont vite apparues, avec une inflation alimentaire à trois chiffres liée à ces perturbations.
Incidents en mer et conséquences humanitaires
Un vaste blocus américain a été mis en place, accompagné de frappes ciblées contre des navires marchands comme le M/T Jalveer et le M/T Settebello, touchés après avoir refusé d’obéir aux ordres, selon les États-Unis. Ces attaques ont tué trois marins indiens.
Le U.S. Central Command a défendu ces actions : il affirme avoir émis des avertissements préalables et reproche aux navires d’avoir tenté de forcer le blocus.
L’Organisation maritime internationale a condamné ces actions, ce qui ajoute une pression pour trouver une issue pacifique au conflit. Sur terre, plus de 20 000 personnes ont été privées d’eau potable après les frappes américaines, signe des lourdes conséquences humanitaires de ces affrontements.








