Le dernier sommet de l’Otan a remis sur le devant de la scène une menace souvent ignorée mais qui se renforce avec le temps : le réchauffement climatique. Tandis que les tensions géopolitiques continuent avec des pays comme la Russie, la Chine et l’Iran, le changement climatique se présente comme un adversaire silencieux, notamment à travers la montée des océans. Surtout, ses répercussions sur la guerre sous-marine deviennent de plus en plus inquiétantes au gré du réchauffement des océans.
Une menace sous-marine amplifiée par la chaleur
Les technologies de détection sous-marine, comme les sonars actifs et passifs, s’appuient sur la façon dont le son se propage dans l’eau, un phénomène perturbé par le réchauffement des océans. Cette propagation dépend de plusieurs paramètres physiques tels que la température, la pression et la salinité. Mais avec le réchauffement climatique, ces paramètres se perturbent et la détection des sous-marins se complique. Une étude parue en mars 2025 au Nato Defense College, dirigée par Andrea et Mauro Gilli, indique qu’en Atlantique nord, la portée de détection pourrait passer de 60 km à 35 km, tandis que dans le Pacifique occidental, elle passerait de 10 km à 7 km.
Ces résultats reposent sur des simulations basées sur des données historiques (1970-1999) et sur des projections climatiques pour la période 2070-2099. Les recherches se sont concentrées sur l’Atlantique nord et le Pacifique occidental, deux zones stratégiques où la circulation océanique joue un rôle clé. Une baisse aussi marquée de la portée de détection pourrait donner à des pays comme la Russie l’occasion de renforcer leurs activités sous-marines dans l’Atlantique.
Références cinématographiques et historiques
L’importance de la guerre sous-marine n’est pas une nouveauté. Elle a d’ailleurs été mise à l’honneur dans des œuvres culturelles comme le film « À la poursuite d’Octobre Rouge », sorti en 1989 et adapté du roman de Tom Clancy. Dans ce film, Sean Connery incarne un capitaine rebelle tandis qu’Alec Baldwin joue le rôle d’un agent de la CIA, illustrant déjà les enjeux des opérations sous-marines secrètes.
De nos jours, ces questions se compliquent avec les changements de l’état des océans induits par le réchauffement. Une analyse du New Scientist précise notamment que, dans les latitudes intermédiaires de l’est de l’Atlantique nord, l’infiltration d’eau chaude pourrait avoir des conséquences significatives.
Répercussions militaires et évolutions technologiques
Le réchauffement climatique a des retombées non seulement sur l’environnement mais aussi sur le domaine militaire. Une étude parue dans le Texas National Security Review évoque « des effets significatifs sur la puissance, les capacités, l’efficacité et l’emploi militaire ». Par exemple, selon certaines prévisions pessimistes du GIEC pour 2070, les sonars actuels pourraient se limiter à une détection sur 20 km.
Mais il y a aussi des perspectives pour améliorer la situation grâce aux avancées technologiques. Des développements dans des systèmes de détection tels que les satellites ou les drones pourraient aider à compenser certaines limitations actuelles. Il est fondamental pour l’Otan d’investir dans la création de nouveaux types de sonars adaptés aux conditions océaniques modifiées.
Enjeux stratégiques mondiaux
La reconnaissance par l’Otan du réchauffement climatique en tant que « multiplicateur de menaces » montre bien son engagement à intégrer cette variable dans ses stratégies futures. Cela se traduit par une possible réorientation des ressources militaires entre l’Atlantique et le Pacifique, pour ajuster sa posture face aux nouvelles réalités.








