Cette découverte scientifique pourrait accélérer la disparition de nombreuses espèces

Le réchauffement climatique pourrait provoquer des effondrements de populations bien avant d’atteindre des températures extrêmes.

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Cette découverte scientifique pourrait accélérer la disparition de nombreuses espèces
Cette découverte scientifique pourrait accélérer la disparition de nombreuses espèces © Armees.com

Le réchauffement climatique inquiète de plus en plus, non seulement à cause de la hausse générale des températures, mais aussi à cause de ses effets dévastateurs sur la biodiversité. La montée des températures perturbe directement les populations animales et végétales et chamboule les écosystèmes. Comprendre ces phénomènes est important pour prévoir ce qui nous attend et protéger notre environnement, notamment face au réchauffement des océans.

Les limites de tolérance thermique et ce que ça entraîne

Les températures mondiales approchent petit à petit d’un seuil de tolérance au-delà duquel certaines espèces ne peuvent plus tenir le choc, ce qui est exacerbé par les extrêmes climatiques. Les scientifiques essaient de déterminer ce seuil pour les humains, qui se situe entre 40 et 50 °C. Pourtant, bien avant d’atteindre ces extrêmes, plusieurs espèces pourraient déjà souffrir d’un déclin marqué. Ce phénomène est particulièrement inquiétant, car il pourrait provoquer l’effondrement de populations à des niveaux de réchauffement bien inférieurs à ce que l’on pensait.

Des chercheurs en biosciences de l’université Rice aux États-Unis ont récemment publié une étude dans la revue Ecology qui met en lumière ces enjeux. Ils ont constaté que la concurrence pour les ressources se renforce avec la hausse des températures, aggravant ainsi la baisse des populations. L’espèce étudiée, Daphnia pulex (un zooplancton clé dans les réseaux alimentaires des milieux d’eau douce), est un bon exemple de ce mécanisme.

La compétition pour les ressources : quand ça dégénère

La compétition entre les individus d’une même espèce s’intensifie à mesure que la température grimpe. Ce phénomène a des effets dramatiques sur les populations. Par exemple, pour chaque augmentation de 7 °C, la pression de la concurrence double, entraînant une chute spectaculaire de 50 % des populations concernées.

Ces résultats viennent remettre en question l’idée que le réchauffement pourrait profiter aux organismes ectothermes (ceux qui ne produisent pas ou très peu de chaleur par eux-mêmes). Zoey Neale, principale auteure de l’étude, explique : « Cela veut dire que des effondrements de population liés à la température pourraient survenir à des seuils bien plus bas que prévu, affectant ainsi des espèces habituellement considérées comme résistantes. »

https://x.com/sgougi/status/992924936405598208

Les méthodes et les résultats marquants

L’étude, menée par Lillie Stockseth, Zoey Neale et Volker H. W. Rudolf, a suivi un protocole expérimental précis avec Daphnia pulex collecté à Huntsville, Texas, en 2019. Les expériences se sont déroulées sur 24 jours et ont testé différentes associations de température (4, 12, 19 et 27 °C) et de densités initiales (10, 30, 60 et 100 individus par 500 mL).

Les résultats démontrent que la dynamique des populations dépend beaucoup à la fois de la température et de la densité de départ. Le taux de croissance maximal intrinsèque augmente avec un réchauffement modéré jusqu’à 19 °C, mais se stabilise ensuite malgré la poursuite de la hausse des températures. Par ailleurs, la force de la compétition liée à la densité atteint son maximum à la température la plus élevée testée.

Les retombées sur la nature et ce qu’on peut en attendre

Les réponses à la chaleur ne se limitent pas aux caractéristiques individuelles, mais influencent aussi, de manière indirecte, l’ensemble de la population, notamment par la circulation océanique. Comprendre comment ces mécanismes modifient la dynamique globale est important pour essayer de prévoir l’avenir face au réchauffement climatique.

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