Islamabad, 28 avril 2025 — Dans une déclaration exclusive accordée à U.S. News ce lundi, le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a tiré la sonnette d’alarme : « une incursion militaire indienne en territoire pakistanais serait imminente ». Cette annonce marque un tournant critique dans les relations indo-pakistanaises, particulièrement explosives depuis les affrontements frontaliers de janvier dernier dans la région du Cachemire, et surtout l’attentat de Pahalgam du mardi 22 avril 2025, qui a conduit à la suspension du traité de partage des eaux (traité de l’Indus) par New Delhi.
Le ministre Asif affirme détenir des « renseignements solides » indiquant que New Delhi aurait finalisé des plans de frappes ciblées contre ce qu’elle considère comme des camps d’entraînement terroristes situés de l’autre côté de la ligne de contrôle (LoC). Toujours selon ses déclarations, l’armée pakistanaise a été placée en état d’alerte maximale dès la nuit du 27 au 28 avril.
Des signaux avant-coureurs
Depuis plusieurs semaines, Islamabad dénonçait une intensification des activités militaires indiennes au Cachemire, notamment l’acheminement de parachutistes et la mobilisation de l’aviation tactique à Srinagar. Le 22 avril 2025, plusieurs drones de reconnaissance indiens auraient été interceptés dans l’espace aérien pakistanais, un fait rapporté par Dawn.
Cette montée des tensions survient également à quelques semaines des élections générales en Inde. Le Premier ministre Narendra Modi pourrait chercher à adopter une posture de fermeté vis-à-vis du Pakistan pour consolider son électorat, stratégie déjà observée lors des incidents de Balakot en février 2019.
Des précédents lourds de conséquences
L’histoire récente montre que les confrontations entre ces deux puissances nucléaires, que sont l’Inde et le Pakistan, ne sont jamais anodines. En 2016, après une attaque meurtrière contre une base militaire indienne à Uri, l’Inde avait mené des « frappes chirurgicales ». En février 2019, l’attaque de Pulwama et les représailles de Balakot avaient failli dégénérer en conflit ouvert.
Des appels au calme, mais une marge de manœuvre réduite
Le ministre pakistanais indique que son gouvernement a saisi immédiatement les Nations Unies et sollicité des contacts avec Washington, Londres et Pékin pour tenter d’obtenir une désescalade. Toutefois, la fenêtre diplomatique semble extrêmement étroite. Le Département d’État américain aurait exhorté à « faire preuve de retenue » mais sans proposer d’initiative concrète.
À New Delhi, le gouvernement reste silencieux, évoquant simplement son « droit à se défendre contre le terrorisme transfrontalier ». L’ambiguïté stratégique pourrait cacher soit une stratégie délibérée, soit une perte de contrôle.
Une situation qui rappelle les alertes de 2023
Déjà en août 2023, des tensions le long de la LoC avaient nécessité une médiation russe. Aujourd’hui, la gravité est démultipliée par les échéances électorales et l’absence apparente de canaux de désescalade.
La veille d’une guerre ?
Les unités pakistanaises dans le Pendjab et au Cachemire ont été renforcées. La population frontalière est invitée à se préparer à d’éventuelles évacuations. Islamabad affirme vouloir éviter un conflit, mais promet une « réponse immédiate et proportionnée » en cas de violation de son territoire.
Dans un climat régional instable, le risque d’un emballement incontrôlé n’a jamais été aussi élevé depuis 2019. Comme l’écrivait déjà The Diplomat : « Entre l’Inde et le Pakistan, la paix reste toujours une respiration suspendue. »








