Un grand pas pour l’exploration spatiale vient d’être franchi avec l’atterrissage réussi de Blue Ghost, une avancée significative dans le commerce spatial. Ce débarquement sans équipage sur la Lune est le deuxième de ce genre réussi dans le commerce spatial, marquant le début d’une ère où le privé se lance à fond dans la conquête lunaire. (On parle ici d’un projet qui vise à réduire les dépenses des missions lunaires et à appuyer le programme Artemis de la NASA, qui veut remettre des astronautes sur le satellite de la Terre.)
Blue Ghost et Firefly Aerospace : Une aventure qui paye
Le vaisseau Blue Ghost a atterri tout près d’une ancienne cheminée volcanique sur Mare Crisium, ce grand bassin visible depuis la Terre et situé sur la face nord-est de la Lune. À son arrivée, il a été qualifié de « stable » (ce qui signifie qu’il a bien tenu après l’atterrissage). Cet atterrisseur quadri-pattes, lancé depuis la Floride le 15 janvier, est de la taille d’une petite voiture. Il embarque dix expériences scientifiques pour étudier divers aspects de la surface lunaire, commanditées par la NASA.
Pour cette mission, Blue Ghost est muni d’un aspirateur (pratique pour ramasser la poussière lunaire) et d’une foreuse qui peut mesurer les températures jusqu’à trois mètres en profondeur. Les tests devraient se poursuivre pendant environ deux semaines, le temps que le jour lunaire se termine et que l’appareil passe en mode “veille”.
Partenariats et buts scientifiques
La coopération entre Firefly Aerospace et la NASA montre bien comment les collaborations internationales participent activement à l’exploration spatiale. La NASA a déboursé 101 millions de dollars (environ 97,3 millions d’euros) pour le lancement des expériences et a rajouté 44 millions de dollars pour les recherches menées à bord de Blue Ghost.
En plus, le vaisseau doit prendre des images en haute définition lors d’une éclipse totale prévue le 14 mars, puis immortaliser un coucher de soleil lunaire le 16 mars afin d’observer le mouvement de la poussière sous l’effet du soleil.
Retour sur l’histoire et perspectives à venir
L’atterrissage de Blue Ghost représente seulement le deuxième succès commercial, faisant suite à celui d’Odysseus d’Intuitive Machines l’année dernière. (Bien que cette première tentative ait rencontré quelques soucis techniques, Intuitive Machines ne baisse pas les bras et prépare déjà un nouvel atterrisseur qui devrait toucher le fond de la Lune cette année.)
Jusqu’à présent, seuls cinq pays se sont hissés au rang des atterrisseurs lunaires : l’ancienne Union soviétique, les États-Unis, la Chine, l’Inde et le Japon. Le Dr Simeon Barber, spécialiste en sciences planétaires à l’Open University, rappelle que ces missions commerciales tendent à réveiller une technologie mise de côté depuis l’époque d’Apollo.
En impliquant plus d’entreprises privées, on espère non seulement faire baisser la facture des missions lunaires grâce à une saine concurrence, mais aussi stimuler des innovations qui pourraient faciliter la future exploitation des ressources de la Lune.
Avec l’avancée réalisée par Blue Ghost, on pourrait bien être aux prémices d’une nouvelle phase dans l’exploration spatiale, peut-être même le retour des humains sur la Lune. Le Dr Barber estime que ce moment est proche, rappelant que le dernier pas humain sur la Lune remonte au 19 décembre 1972, lors de la mission Apollo 17.








