Crash du MH17 : la Russie reconnue responsable par l’OACI, Moscou fulmine

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Crash du MH17 : la Russie reconnue responsable par l’OACI, Moscou fulmine © Armees.com

Près de onze ans après la tragédie, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) vient de poser un acte sans précédent : en pointant la responsabilité de la Russie dans le crash du vol MH17, elle ravive un dossier que Moscou n’a jamais vraiment accepté d’ouvrir. Le ciel du Donbass reste chargé de souvenirs, de colère… et désormais, d’un verdict international.

MH17 : l’OACI tranche, la Russie accuse

Le 12 mai 2025, à Montréal, le Conseil de l’OACI a voté. Et le résultat est sans ambiguïté : la Russie est jugée responsable de la destruction du Boeing 777 de la Malaysia Airlines, abattu en juillet 2014 au-dessus de l’Ukraine orientale. Le missile provenait d’un système BUK de fabrication russe, selon les conclusions du Joint Investigation Team (JIT), reprises par l’organisation. C’est la première fois que l’OACI reconnaît officiellement une telle violation de la Convention de Chicago.

Une claque diplomatique pour Moscou, infligée à la demande conjointe des Pays-Bas et de l’Australie. Les deux États, endeuillés par la perte de leurs ressortissants, réclament réparation. Pour la ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, il ne s’agit que de justice : « Nous appelons la Russie à enfin assumer sa responsabilité pour cet acte horrible de violence et à verser des réparations pour sa conduite flagrante, comme l’exige le droit international ».

Une réponse russe furieuse mais prévisible

Moscou, fidèle à sa ligne depuis 2014, rejette tout en bloc. Le Kremlin, par la voix de Dmitri Peskov, qualifie la décision de « biaisée » et accuse l’OACI de s’être transformée en chambre d’écho de l’Occident. La Russie clame qu’elle n’a jamais été autorisée à participer pleinement à l’enquête, ce qui, selon elle, entache l’objectivité de toutes les conclusions.

Sergueï Markov, politologue pro-Kremlin, va plus loin : il évoque un « sabotage organisé par les services secrets ukrainiens avec le soutien occidental ». Ce genre de rhétorique, bien rodée à Moscou, permet à la Russie de détourner l’attention d’un verdict qu’elle ne pourra pas facilement ignorer.

Une justice qui avance lentement, mais sûrement

Le crash du MH17 a coûté la vie à 298 personnes. Onze ans plus tard, malgré les blocages, les mensonges, les contorsions diplomatiques, la vérité progresse. Déjà, en novembre 2022, un tribunal néerlandais avait condamné par contumace trois hommes, dont deux Russes. Le JIT, dès 2018, avait identifié le lanceur BUK comme appartenant à la 53e brigade antiaérienne russe basée à Koursk.

Aujourd’hui, c’est l’OACI qui enfonce le clou. Une décision saluée par Kaspar Veldkamp, ministre néerlandais des Affaires étrangères : « Une étape importante vers l’établissement de la vérité et la réalisation de la justice ».

L’OACI à la manœuvre : quelles suites possibles ?

Les regards se tournent désormais vers la question des réparations. Les Pays-Bas et l’Australie demandent à l’OACI de superviser les discussions. Moscou, de son côté, a quitté le processus de médiation dès juin 2024, dénonçant un « procès politique ». Mais la pression monte.

La Russie pourra-t-elle éternellement tourner le dos à un tel consensus international ? Rien n’est moins sûr. À mesure que les condamnations s’accumulent, la posture de Moscou s’isole. Et dans les chancelleries occidentales, une idée se renforce : si le droit aérien international peut être piétiné sans conséquences, alors aucune route commerciale n’est vraiment sûre.

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