Otan : comment les alliés de l’Ukraine veulent fournir davantage d’obus

Jean Baptiste Le Roux
Par Jean-Baptiste Leroux Publié le 8 avril 2024 à 16h34
Les pays de l'OTAN veulent renforcer leurs livraisons d'obus à l'Ukraine Wikipedia

Dans un contexte de tensions accrues en Europe de l'Est, les pays membres de l'Otan intensifient leurs efforts pour fournir un soutien militaire substantiel à l'Ukraine. Face à une pénurie critique de munitions et à l'urgence de répondre à l'agression russe, une mobilisation sans précédent de l'industrie de l'armement se dessine, impliquant une augmentation significative de la production d'obus et une quête active de nouveaux fournisseurs.

Ukraine : une relance de la production d'obus

Face au défi posé par les besoins croissants en munitions de l'Ukraine, les alliés occidentaux ont initié un mouvement d'accélération de la production d'obus. Les États-Unis, avec un plan ambitieux visant à atteindre une capacité de production de 100.000 obus par mois d'ici 2025, et la France, qui, grâce à l'entreprise Eurenco à Bergerac, prévoit de produire 8.000 obus mensuellement d'ici la fin de l'année, sont en première ligne de cette montée en puissance. L'Allemagne n'est pas en reste, avec Rheinmetall développant une nouvelle unité de production destinée à produire 200.000 obus annuellement.

Cependant, cette route vers l'augmentation de la production est semée d'embûches, notamment le temps nécessaire à l'établissement de chaînes de production modernes et efficaces. Pour pallier à ces défis, certains pays, comme la Bulgarie, ont réactivé d'anciennes installations, tandis que d'autres, tels que la France, n'excluent pas la réquisition de productions si nécessaire. Cette dynamique illustre la volonté des pays de l'Otan de sortir d'une ère de paix perçue comme éternelle pour faire face à la réalité d'un monde où les conflits armés de haute intensité sont de retour.

Vers une diversification des fournisseurs

Conscients des limites de leurs capacités de production internes, les pays de l'Otan, sous l'égide d'initiatives comme celle pilotée par Prague, cherchent à diversifier leurs sources d'approvisionnement en munitions. Cette démarche les a conduits à solliciter des pays tiers, dans une initiative collective regroupant 18 pays et visant à sécuriser des achats groupés de munitions pour l'Ukraine.

Malgré cette ouverture, la recherche de fournisseurs extérieurs se heurte à des réalités géopolitiques complexes. Des pays comme le Brésil ont déjà refusé de participer, et d'autres, comme la Turquie, restent non-commettants malgré les commandes importantes passées par des acteurs comme les États-Unis. Cette situation révèle les difficultés à mobiliser des ressources globales pour soutenir l'Ukraine, malgré l'identification potentielle de stocks importants par des pays comme la République tchèque.

Jean Baptiste Le Roux

Jean-Baptiste Le Roux est journaliste. Il travaille également pour Radio Notre Dame, en charge du site web. Il a travaillé pour Jalons, Causeur et Valeurs Actuelles avec Basile de Koch avant de rejoindre Economie Matin, à sa création, en mai 2012. Il est diplômé de l'Institut européen de journalisme (IEJ) et membre de l'Association des Journalistes de Défense. Il publie de temps en temps dans la presse économique spécialisée.