Après 40 ans de lutte armée, le Parti des travailleurs kurdes, le PKK, annonce sa dissolution. Cette décision suscite l’espoir d’un apaisement des tensions en Turquie.
Le PKK se dissout en Turquie
Un jour historique en Turquie. Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a officiellement déclaré sa dissolution et la fin de sa lutte armée. Après plus de 40 ans de guérilla, le mouvement marque une rupture politique majeure dans l’un des plus anciens conflits internes du Proche-Orient. « Le 12e Congrès du PKK a décidé de dissoudre la structure organisationnelle du PKK et de mettre fin à la méthode de lutte armée », a annoncé le groupe dans un communiqué relayé par l’agence pro-kurde ANF.
Ce congrès, tenu clandestinement du 5 au 7 mai dans les montagnes irakiennes, scelle une orientation nouvelle : celle de l’abandon de la stratégie militaire au profit de l’action politique. Selon les termes mêmes du communiqué, le PKK considère avoir « accompli sa mission historique » et annonce l’ouverture d’une « nouvelle ère, celle de la résolution de la question kurde par la voie de la politique démocratique ».
Le virage ne date pas d’hier. Déjà, le 1er mars 2025, le mouvement avait déclaré un cessez-le-feu unilatéral, en réponse à un appel de son leader emprisonné, Abdullah Öcalan, transmis par le parti pro-kurde DEM. L’homme qui incarna la lutte armée pendant plus de 20 ans appelait désormais à « rendre les armes ».
Turquie et PKK : quatre décennies de guerre et de deuil
Depuis 1984, le PKK, classé comme organisation terroriste par Ankara, les États-Unis et l’Union européenne, mène une insurrection sanglante contre l’État turc. Les affrontements ont coûté la vie à plus de 40 000 personnes. Embuscades, attentats à la bombe, répression brutale, rafles de militants, couvre-feux dans les villes kurdes : le conflit s’est installé dans la durée.
Pour beaucoup de Kurdes, le PKK, malgré ses dérives, représente un rempart contre l’effacement culturel. Mais pour les autorités turques, il n’a jamais été qu’une menace intérieure, une « organisation séparatiste armée », selon la terminologie officielle.
Le président Recep Tayyip Erdoğan, qui a longtemps oscillé entre dialogue et répression, a qualifié cette annonce d’Öcalan d’« opportunité historique ». Une formule prudente mais révélatrice d’un tournant dans l’approche du pouvoir. Et si l’État turc n’a rien promis officiellement, des signaux ont été envoyés. Ankara laisse entendre que « la disparition effective du groupe armé » pourrait ouvrir la voie à des réformes, notamment sur l’usage de la langue kurde, l’enseignement ou l’autonomie locale. Mais rien n’est encore écrit.








