Un document officiel prévoyait l’achat de véhicules électriques blindés, mentionnant explicitement Tesla. L’administration Trump a rapidement supprimé toute référence à l’entreprise d’Elon Musk avant de suspendre totalement l’appel d’offres. Ce revirement soulève de nombreuses questions sur les motivations réelles de cette décision.
Washington a mis en pause son projet d’achat de véhicules électriques blindés après des révélations sur un possible contrat de 400 millions de dollars signé avec Tesla. L’information a suscité la controverse en raison des liens étroits entre Elon Musk et Donald Trump.
Un contrat fantôme à 400 millions de dollars pour Tesla ?
Le 13 février 2025, un document du département d’État américain a révélé un projet d’acquisition de véhicules électriques blindés pour un montant total de 400 millions de dollars. Parmi les constructeurs mentionnés, Tesla apparaissait en première ligne. Mais quelques jours plus tard, retournement de situation : l’administration Trump a annoncé la suspension de l’appel d’offres et a effacé toute référence au constructeur dirigé par Elon Musk.
Officiellement, le département d’État évoque une « confusion administrative », arguant que Tesla n’a jamais signé de contrat et que son nom avait été ajouté par erreur dans le document initial. Face à la polémique, Elon Musk a lui-même nié toute implication, déclarant sur sa plateforme X : « Je suis assez sûr que Tesla ne va pas obtenir 400 millions de dollars. Personne ne m’en a parlé, en tout cas. »
Si l’administration Trump affirme que le projet n’a jamais été concrétisé, le contexte de ce revirement laisse penser que la pression médiatique et politique a joué un rôle clé dans cette annulation.
Un revirement politique sur fond d’élections
Si le département d’État a d’abord évoqué une simple erreur de communication, les motivations politiques de cette volte-face semblent évidentes. Le projet d’acquisition de véhicules électriques blindés trouve son origine sous l’administration Biden, qui avait engagé une transition vers une flotte fédérale plus respectueuse de l’environnement. Or, Donald Trump, hostile à l’électrification des véhicules officiels, a rapidement remis en cause cette orientation dès son retour à la Maison-Blanche.
Le revirement ne s’explique pas seulement par une question de préférences technologiques. Elon Musk et Donald Trump entretiennent des relations complexes, alternant entre proximité idéologique et désaccords stratégiques. Si le milliardaire sud-africain a souvent soutenu les politiques économiques pro-entreprises de Trump, il s’est également affiché comme un acteur indépendant, critiquant parfois ouvertement certaines décisions du président.
En suspendant ce projet, l’administration Trump envoie un message clair à son électorat : la priorité est donnée aux véhicules thermiques et à l’industrie pétrolière traditionnelle, en opposition aux politiques environnementales portées par Joe Biden. Une décision qui s’inscrit également dans une volonté de réduire les dépenses publiques, sous couvert d’efficacité gouvernementale.
Tesla visée par les critiques et la polarisation médiatique
Cette affaire n’a pas seulement des implications économiques et politiques, elle révèle aussi une guerre médiatique intense autour de Tesla et de son fondateur. Dès l’apparition du document mentionnant le constructeur, plusieurs médias proches des démocrates se sont emparés du sujet pour dénoncer un possible « cadeau » fait à un proche de Trump.
L’affaire suit une chronologie rapide : le 13 février 2025, un document officiel mentionne l’achat de véhicules blindés électriques, incluant Tesla. Deux jours plus tard, face à la polémique, le département d’État retire toute mention de la marque. Le 16 février, l’appel d’offres est suspendu. Le 19 février, Elon Musk dément toute implication et parle d’une attaque médiatique injustifiée.
Un coup d’arrêt pour Tesla ou une simple tempête politique ?
Alors que Tesla se développe rapidement sur le marché des véhicules électriques, cette affaire soulève des interrogations sur la place du constructeur dans l’écosystème politique américain. L’entreprise d’Elon Musk est-elle victime de sa proximité supposée avec Donald Trump ?








