Annoncée le 30 décembre 2025, la commande française de deux avions GlobalEye marque un tournant important pour l’aviation militaire. Cet avion, développé par Saab, a été sélectionné pour remplacer progressivement les AWACS vieillissants de l’armée de l’Air et de l’Espace. Au-delà du montant du contrat, évalué à environ 1,1 milliard d’euros, cette décision engage la France dans une nouvelle génération de surveillance aérienne capable de répondre aux menaces contemporaines.
Un avion GlobalEye au cœur de la surveillance de la France
L’avion GlobalEye occupe une place centrale dans les architectures modernes de surveillance et de commandement. Conçu à partir du jet d’affaires Bombardier Global 6500, cet avion est profondément modifié afin de remplir des missions de détection, de suivi et de coordination. Grâce à cette plateforme, l’armée dispose d’un avion endurant, rapide et capable d’opérer loin de ses bases, tout en conservant une grande souplesse d’emploi.
Au cœur de cet avion figure le radar Erieye ER, installé dans un carénage dorsal distinctif. Cet équipement permet une surveillance aérienne et maritime sur plusieurs centaines de kilomètres. Selon les données communiquées par Saab et reprises par la presse spécialisée, le GlobalEye peut détecter des cibles aériennes jusqu’à environ 600 kilomètres, y compris des avions furtifs, des missiles ou des drones. Cet avion n’est donc pas un simple capteur volant, mais un véritable centre de commandement aéroporté, capable de fusionner des données radar, électromagnétiques et optroniques au profit des forces engagées.
Dans ce contexte, l’avion GlobalEye répond à une évolution profonde des besoins opérationnels. Les conflits récents ont montré l’importance de la surveillance permanente, de la réactivité et de la capacité à coordonner des moyens dispersés. Ainsi, grâce à ses systèmes de communication avancés, cet avion permet à l’armée française de partager en temps réel une situation aérienne et maritime complète avec ses partenaires, tout en conservant une autonomie décisionnelle renforcée.
Pourquoi l’armée française a choisi cet avion Saab
Le choix de cet avion par la France ne relève pas du hasard. Depuis plusieurs années, l’armée française cherchait une solution crédible pour remplacer ses quatre AWACS Boeing E-3F, dont l’entrée en service remonte aux années 1990. Malgré des modernisations successives, ces avions atteindront leurs limites opérationnelles à l’horizon 2035. Dans ce cadre, le GlobalEye s’est imposé comme une alternative moderne, moins lourde et plus flexible.
Le contrat signé avec Saab porte sur deux avions GlobalEye fermes, avec une option pour deux avions supplémentaires. La valeur globale atteint 12,3 milliards de couronnes suédoises, soit environ 1,1 milliard d’euros selon les données relayées par Reuters. Les livraisons de chaque avion sont prévues entre 2029 et 2032, un calendrier compatible avec la transition progressive des capacités de surveillance de l’armée française.
Au-delà de l’avion lui-même, la commande inclut les équipements au sol, la formation des équipages et le soutien logistique. Cette approche globale garantit à l’armée une montée en puissance progressive et maîtrisée. Dans une déclaration officielle, le directeur général de Saab, Micael Johansson, a souligné que ce choix « renforce l’engagement de la France en faveur de la souveraineté et contribue à la protection globale de l’Europe », selon des propos rapportés par TF1 Info.
Un avion stratégique pour la défense française et européenne
Avec l’arrivée du GlobalEye, l’armée française se dote d’un avion capable de couvrir un spectre de missions beaucoup plus large que les AWACS actuels. Cet avion de surveillance ne se limite pas à la détection aérienne classique. Il est également conçu pour suivre des menaces maritimes, détecter des activités au sol et contribuer à la lutte contre des menaces asymétriques. Dans un environnement stratégique marqué par la multiplication des drones, des missiles hypersoniques et des avions furtifs, cette polyvalence constitue un atout majeur.
D’un point de vue européen, le choix de cet avion renforce aussi l’interopérabilité entre alliés. La Suède exploite déjà le GlobalEye, et d’autres pays s’y intéressent. En rejoignant ce cercle restreint d’utilisateurs, la France facilite la coopération opérationnelle et industrielle. Si Saab reste maître d’œuvre, le programme implique de nombreux partenaires et ouvre la voie à des coopérations futures. Pour l’armée française, cet avion représente un investissement lourd, mais structurant, qui conditionnera pendant plusieurs décennies la capacité de surveillance et de commandement aéroporté. En ce sens, le GlobalEye n’est pas seulement un nouvel avion dans l’inventaire : il est appelé à devenir l’une des pierres angulaires de l’aviation militaire française.








