Avec un contrat stratégique remporté à l’international, Thales marque un tournant dans la guerre navale moderne. La marine de Singapour devient la première en Asie à s’équiper d’un système de déminage robotisé développé par le groupe français, en partenariat avec ST Engineering.
Un virage stratégique vers l’autonomie navale
La guerre des mines entre dans une nouvelle ère, explique Le Figaro. Singapour a décidé de remplacer ses chasseurs de mines traditionnels par une solution entièrement robotisée. Quatre drones de surface, développés par ST Engineering, seront au cœur de ce système. Mesurant 12 mètres de long et pesant 20 tonnes, ces navires sans équipage agiront en coordination avec les technologies fournies par Thales.
Le système repose sur la plateforme Pathmaster, qui centralise la détection, l’analyse et la neutralisation des menaces sous-marines. Il comprend des capteurs avancés, le sonar tracté Samdis, capable de scanner les fonds marins jusqu’à 200 mètres de profondeur, et un logiciel d’analyse basé sur l’intelligence artificielle. Ce dernier, appelé MiMap, permet de classifier les objets détectés tout en allégeant de moitié la charge de travail des opérateurs humains.
Cette automatisation représente une avancée majeure pour Singapour, un acteur stratégique du commerce maritime mondial. La sécurité du détroit de Malacca, artère clé pour les flux internationaux, devient ainsi plus efficace tout en réduisant les risques pour les équipages.
Un contrat qui ouvre des perspectives mondiales
Ce succès marque une étape importante pour Thales. Il s’agit du premier contrat international pour son système autonome de guerre des mines avec une marine de premier plan hors d’Europe. Déjà déployée par la France et le Royaume-Uni, la solution Pathmaster confirme sa pertinence sur un marché en pleine évolution.
Singapour, qui a lancé un appel d’offres international, a choisi Thales face à des concurrents sérieux comme le Canadien Kraken. Ce choix renforce la réputation technologique du groupe français et témoigne de la confiance renouvelée de Singapour, déjà cliente de longue date.
L’intérêt mondial pour ce type de système augmente, notamment depuis les récents conflits en Mer Noire et les tensions en mer Baltique. La demande pour des solutions sans équipage, sécurisées et intelligentes s’accélère. L’OTAN teste actuellement le système M-Cube de Thales dans des exercices en conditions réelles. Le marché, estimé à 800 millions d’euros annuels d’ici la fin de la décennie, offre des perspectives considérables pour les années à venir.








