Le service national universel, initiative phare d’Emmanuel Macron pour les jeunes, traverse une période d’incertitude. Critiqué pour son coût et ses résultats mitigés, le SNU pourrait disparaître du budget 2025. Malgré le soutien du gouvernement, les instances parlementaires souhaitent sa suppression.
Le SNU : un projet de société sous pression budgétaire
Créé en 2019, le service national universel (SNU) avait pour ambition de renforcer le lien entre la jeunesse et la nation. Ce programme, inspiré par les promesses de campagne d’Emmanuel Macron en 2017, devait inclure une première phase de cohésion d’une durée de 15 jours pour tous les jeunes après le collège, suivie d’une mission d’intérêt général de 84 heures. L’idée était de proposer une expérience collective pour favoriser la citoyenneté et le civisme chez les jeunes, en abordant des thèmes variés comme la défense, l’engagement citoyen et la découverte des institutions.
Cependant, les coûts associés au programme, chiffrés entre 3,5 et 5 milliards d’euros pour une généralisation à tous les jeunes de 15 à 17 ans, ont rapidement suscité des inquiétudes. Dans le contexte du budget 2025, où chaque dépense est scrutée de près pour réaliser des économies, le SNU apparaît comme une dépense de luxe. La Cour des Comptes a émis des réserves sur le budget estimé du programme, affirmant que les coûts réels dépasseraient largement les prévisions initiales, poussant certains députés et sénateurs à réclamer sa suppression.
Objectifs remis en question et critiques sur le terrain
Les ambitions initiales du SNU incluaient la promesse d’un programme universel et obligatoire, mais cet aspect a été abandonné dès 2023 par le président, après des années de tergiversations. Malgré les efforts pour recruter davantage de jeunes, le programme n’a pas réussi à susciter un large engagement et à toucher une population diversifiée. Selon des rapports parlementaires, la mixité sociale escomptée n’est pas au rendez-vous, et le manque de clarté dans les objectifs du SNU a alimenté les doutes quant à son efficacité.
De plus, des acteurs éducatifs et des syndicats de parents ont exprimé leur désaccord, estimant que le programme pourrait interférer avec le parcours scolaire des jeunes sans apporter de bénéfices réels. Dans ce contexte, le gouvernement a tenté de rassurer en évoquant une éventuelle adaptation du programme. Mais même au sein de l’exécutif, des voix s’élèvent pour remettre en cause la pertinence de cette initiative coûteuse, soulignant les défis logistiques et financiers qui freinent la généralisation du SNU.
Un avenir incertain pour un programme en déclin
Face à ces critiques croissantes, le ministère des Sports, en charge du SNU, reconnaît les contraintes budgétaires et admet que les moyens pour généraliser le programme ne sont pas actuellement disponibles. De son côté, l’Assemblée nationale et le Sénat, qui ont tous deux adopté des amendements visant à supprimer le SNU du projet de loi de finances, semblent résolus à réorienter les ressources vers d’autres priorités. Ce désengagement progressif, bien que non officiel, laisse peu d’espoir pour la pérennisation du SNU dans les années à venir.








