Le projet du SCAF bat de l’aile depuis de nombreuses années. L’avion de combat européen de nouvelle génération est encore très loin de décoller. Pour faire avancer le dossier, Emmanuel Macron espère réconcilier Dassault et Airbus, les deux géants chargés du projet.
Emmanuel Macron croit toujours au SCAF
Le 19 mars 2026, à Bruxelles, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz ont annoncé la mise en place d’une mission destinée à réconcilier Dassault et Airbus autour du projet du Système de combat aérien du futur (SCAF). Ce programme, lancé en 2017, est crucial pour l’avenir de l’aéronautique militaire européenne. Ses enjeux dépassent la simple coopération industrielle : il s’agit de garantir l’indépendance stratégique et technologique de l’Europe dans le domaine de la défense.
Le projet SCAF, fruit d’une collaboration entre la France, l’Allemagne et l’Espagne, est aujourd’hui marqué par des rivalités entre ses deux principaux acteurs industriels : Dassault Aviation et Airbus Defence and Space. Face à ce blocage, Emmanuel Macron a déclaré : « Nous avons décidé ensemble de lancer une mission de rapprochement entre Airbus et Dassault dans les semaines à venir […] pour trouver justement les voies de convergence. »
L’objectif de cette mission est de surmonter les désaccords concernant la gestion de la phase suivante du programme. De son côté, l’Allemagne a fixé une date butoir à la mi-avril 2026 pour parvenir à un compromis, sous peine de retards dans le calendrier du projet. Les tensions portent notamment sur le contrôle des technologies clés et la répartition des responsabilités industrielles entre les partenaires.
La mission annoncée par Emmanuel Macron s’inscrit donc dans une logique de préservation de l’intégrité du programme et de sécurisation des investissements massifs engagés. Le SCAF représente un budget estimé à près de 100 milliards d’euros, un chiffre qui illustre l’enjeu économique et stratégique considérable de ce programme.
Le SCAF : un projet européen ambitieux mais au point mort
Le Système de combat aérien du futur est conçu pour remplacer les avions de combat actuels, comme le Rafale et l’Eurofighter Typhoon, à partir de 2035-2040. Il s’agit d’un ensemble intégré de systèmes d’armes interconnectés, comprenant des avions de nouvelle génération, des drones, des missiles et des systèmes de commandement et de contrôle. L’implication de plusieurs pays européens témoigne de l’ambition du projet : maintenir une supériorité technologique européenne face aux évolutions du marché mondial de l’aéronautique militaire. Le SCAF vise à renforcer l’autonomie stratégique de l’Europe, tout en favorisant l’innovation et la compétitivité de ses industriels.
Depuis son lancement en 2017, le programme a connu des avancées techniques importantes, mais les tensions industrielles ont ralenti certains jalons. Les retards dans la définition des responsabilités entre Dassault et Airbus risquent de compromettre l’échéance prévue pour la mise en service du système à l’horizon 2035.
La réussite du SCAF repose sur une coordination étroite entre la France et l’Allemagne. La France, par l’intermédiaire de Dassault, détient une expertise historique dans les avions de combat, tandis qu’Airbus, acteur industriel majeur, possède des capacités de production et d’intégration de systèmes complexes.
Les enjeux ne sont pas uniquement techniques. La coopération doit également répondre à des impératifs économiques et politiques : le programme doit protéger les emplois hautement qualifiés dans l’aéronautique, sécuriser les investissements publics et renforcer le rôle de l’Europe sur la scène militaire mondiale.








