Airbus a signé un contrat majeur avec le Royaume-Uni pour la fabrication de satellites d’observation militaires. Ce qui consolide ainsi la souveraineté de la couronne britannique en matière de surveillance spatiale.
Airbus et la souveraineté spatiale britannique
Le Royaume-Uni a finalement décidé de se doter de ses propres satellites militaires d’observation. Ce pays rejoint l’Hexagone, l’Italie et l’Allemagne dans cette catégorie. Une démarche qui vise, selon les Echos, à diminuer sa dépendance vis-à-vis des États-Unis pour l’accès aux informations stratégiques. Airbus a remporté l’appel d’offres lancé en novembre dernier pour la construction de deux satellites espions, constituant les premiers éléments de la future constellation militaire britannique, nommée Oberon.
Ces satellites, de type Nova SAR-1, seront équipés de radars à synthèse d’ouverture, leur permettant de fournir des images détaillées de la surface terrestre, de jour comme de nuit, et par tous les temps. Cette technologie assure une surveillance continue, indépendamment des conditions météorologiques.
Des satellites produits au Royaume-Uni
La fabrication de ces satellites et de leurs composants principaux sera réalisée au Royaume-Uni, où Airbus dispose de plusieurs sites majeurs dédiés à la production satellitaire. La livraison est prévue pour 2027. Année où Airbus doit également fournir au ministère britannique de la Défense un autre satellite d’observation, doté cette fois d’une technologie électro-optique infrarouge, commandé en novembre dernier.
Le projet de constellation souveraine britannique prévoit d’autres commandes à venir, avec un déploiement complet attendu d’ici 2031. Cette initiative s’inscrit dans une volonté stratégique de renforcer les capacités de surveillance indépendantes du Royaume-Uni.
Un contrat estimé à 158 millions d’euros
Ce contrat, estimé à environ 158 millions d’euros, arrive à un moment opportun pour Airbus Defence & Space, qui fait face à une crise sur le marché des satellites géostationnaires de grande taille. En octobre dernier, l’entreprise a annoncé un plan d’économies incluant la suppression de 2.500 postes, soit près de 8% de ses effectifs, afin de faire face à des pertes significatives enregistrées sur les neuf premiers mois de l’année.
La baisse des commandes de satellites géostationnaires, due à la concurrence de constellations en orbite basse comme Starlink, a contraint les grands groupes de télécommunications à réduire leurs investissements. Les fabricants européens de satellites, tels qu’Airbus et Thales Alenia Space, se retrouvent ainsi davantage dépendants des commandes publiques européennes.
Vers une alliance européenne dans le domaine spatial ?
Face à ces défis, des discussions sont en cours entre Airbus, Thales et l’italien Leonardo pour envisager une alliance européenne dans le secteur spatial. L’objectif serait de créer une filiale commune regroupant certaines de leurs activités spatiales, afin de renforcer la compétitivité face à des acteurs comme SpaceX. Cette collaboration pourrait permettre de mutualiser les ressources et de consolider la position de l’Europe sur le marché spatial mondial.
En conclusion, le nouveau contrat avec le Royaume-Uni représente non seulement une avancée pour la souveraineté britannique en matière de surveillance spatiale, mais offre également à Airbus une opportunité de renforcer sa position dans un marché en pleine mutation.








