Le 26 juin 2025, quatre personnes sont arrêtées dans le cadre d’une opération coordonnée à Londres et à Newbury par les unités antiterroristes britanniques. Trois d’entre elles sont placées en garde à vue en vertu du Terrorism Act 2000, la quatrième pour les avoir assistées dans leurs actions. Elles sont suspectées d’être les auteurs d’une intrusion sur la base de Brize Norton, dans l’Oxfordshire, survenue six jours plus tôt, dans la nuit du 20 juin.
Une arrestation tardive
Ce site n’est pas un simple aéroport militaire. Brize Norton est la plus grande base de la Royal Air Force, centrale dans les opérations de projection et la logistique nucléaire.
Les activistes auraient, selon les autorités, dégradé deux avions Voyager, ravitailleurs stratégiques utilisés notamment dans les opérations de soutien à Israël. L’organisation Palestine Action a revendiqué l’acte, affirmant vouloir perturber la chaîne d’approvisionnement britannique impliquée indirectement dans les frappes sur Gaza. L’objectif était de mettre un coup de projecteur de la chaîne logistique britannique, de la faire apparaître comme partie prenante d’une guerre que Londres prétend ne pas mener.
Une faille de sécurité embarrassante et une communication mal maitrisée
Durant les six jours qui séparent l’intrusion des arrestations, rien ne filtre. Aucun communiqué du ministère de la Défense. Aucune alerte dans la presse généraliste. Seule la BBC publie, le 26 juin, une brève mention de l’affaire. Aucun nom. Aucune image. Pas même la mention des avions dégradés. Car reconnaître qu’un groupe militant non armé a pu pénétrer sur une base aussi sensible, y opérer tranquillement une action ciblée, puis en repartir, remet en cause l’idée même de protection des sites sensibles. On préfère parler d’un « incident ».
Pendant ce temps, sur les réseaux, la nouvelle circule et s’amplifie. Différents réseaux sociaux commentent l’affaire, les sympathisants relaient la vidéo postée par Palestine Action. L’État perd l’initiative du récit. Et la contestation s’empare de l’espace laissé vide.








