Le 20 juin 2025, la base de la Royal Air Force (RAF) située à Brize Norton, dans l’Oxfordshire, a été le théâtre d’une irruption spectaculaire menée par des militants pro-palestiniens. L’opération, minutieusement préparée par le collectif Palestine Action, visait à dénoncer le rôle logistique que joue cette installation militaire dans les interventions britanniques à l’étranger, notamment à destination du Proche-Orient. Cette incursion n’a pour l’instant suscité aucune réponse officielle du Ministère de la Défense britannique.
Une intrusion méticuleuse dans le bastion de la Royal Air Force
Le groupe Palestine Action a revendiqué l’action via une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux. On y voit plusieurs individus pénétrant la base RAF Brize Norton, en contournant les dispositifs de sécurité à l’aide de trottinettes électriques et de pieds-de-biche. L’opération n’a duré que quelques minutes : deux avions militaires de type Airbus Voyager ont été endommagés avec de la peinture rouge symbolisant le sang, et des systèmes moteurs rendus inutilisables.
Les militants ont pu s’éclipser sans être repérés. La Royal Air Force, considérée comme l’un des piliers de la défense britannique, voit ainsi son dispositif de sécurité sérieusement mis en doute.
RAF Brize Norton : une base clé pour les opérations extérieures liées à la Palestine
La base de Brize Norton est la plus grande base aérienne militaire du Royaume-Uni. Elle sert de plateforme logistique majeure pour les vols à destination de l’RAF Akrotiri, station de la Royal Air Force située à Chypre, d’où partent de nombreuses missions de surveillance, de transport de troupes et de ravitaillement.
Dans une déclaration publiée sur X, Palestine Action a affirmé : « Des vols partent quotidiennement de la base vers la RAF Akrotiri à Chypre. Depuis Chypre, les avions britanniques recueillent des renseignements, ravitaillent des avions de chasse et transportent des armes pour commettre un génocide à Gaza. »
Plus de 500 vols auraient quitté Akrotiri entre 2023 et mars 2025 en direction du Moyen-Orient, notamment pour des missions au-dessus de Gaza. Le Ministère de la Défense britannique insiste toutefois sur le fait que ces vols s’inscrivent dans le cadre de l’opération Shader, visant Daesh, et non Israël.
Absence de réponse officielle et critiques sur la sécurité militaire
À ce jour, aucune déclaration n’a été émise par le Ministère de la Défense (MoD) concernant l’intrusion dans la Royal Air Force du 20 juin. Cette absence de réaction a provoqué l’indignation dans les rangs conservateurs. Mark Francois, député et ancien ministre chargé des forces armées, a vivement critiqué l’absence de réponse du gouvernement : « Cette intrusion démontre un échec total et absolu de la sécurité de la base. Ce sont des avions militaires. Comment cela a-t-il pu se produire en 2025 ? »
La ministre de la Culture, Lisa Nandy, a également dénoncé l’intrusion dans la Royal Air Force comme « illégale et dangereuse », ajoutant que « ces méthodes ne sauraient être tolérées dans une démocratie respectueuse de l’Etat de droit ».
Palestine Action : une stratégie d’action directe et ciblée
Fondé en 2020, Palestine Action est un groupe activiste britannique qui se spécialise dans les actions de sabotage non-violentes contre des infrastructures liées à la défense ou à l’armement, en lien avec Israël. Ils ont notamment ciblé des entreprises comme Elbit Systems UK, fabricant de drones militaires.
Le groupe revendique une tactique d’« action directe » visant à paralyser les chaînes de production ou de soutien logistique qu’ils estiment complices de crimes de guerre.
Une attaque qui révèle de profondes failles
Au-delà de la symbolique politique, l’irruption au cœur de la Royal Air Force expose des failles sécuritaires préoccupantes. Comment une installation aussi stratégique a-t-elle pu être infiltrée sans détection ?
Cette opération relance le débat sur les liens entre infrastructures militaires britanniques et interventions étrangères, notamment en lien avec les tensions en Palestine, et pourrait précipiter une remise en question des procédures de sécurité sur les bases militaires du pays.








