Les Démocrates ont remporté les élections de mi-mandat aux États-Unis le 4 novembre 2026. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a résumé la situation aux journalistes en affirmant que les Démocrates avaient pris le contrôle du Sénat et de la Chambre des représentants, un basculement qui introduit, selon lui, « une nouvelle ère dans les relations mondiales », rapporte Reuters.
Ce résultat pourrait peser sur le commerce mondial, la sécurité internationale et les prix de l’énergie. Les réactions, elles, varient fortement selon les capitales.
Entre satisfaction affichée et prudence diplomatique
À Madrid, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez n’a pas caché son enthousiasme sur X. Il y voit un vote contre des politiques qui appauvrissent les gens, contre la haine, le sexisme et le déni climatique, établissant un parallèle avec le Brésil avant d’affirmer que cela venait de se produire aux États-Unis et que cela se produirait bientôt en Espagne.
Son homologue norvégien, Jonas Gahr Stoere, a livré à Reuters une analyse plus mesurée. Il parle d’un signal politique puissant, des électeurs américains se rapprochant selon lui des positions norvégiennes sur le climat et la politique étrangère.
Au Parlement européen, le ton est aussi tranché. L’eurodéputé Bernd Lange, président de la commission du Commerce international, qualifie le résultat de coup dur pour Donald Trump et de victoire majeure pour la démocratie américaine. Il estime que les électeurs ont parlé et que Trump ne se soucie que de lui-même, ajoutant qu’un président affaibli pourrait devenir plus agressif et imprévisible.
Il appelle l’Union européenne à ne pas dépendre de la Maison Blanche. Sa collègue, la vice-présidente Christel Schaldemose, voit dans ce résultat un bénéfice potentiel pour le soutien à l’Ukraine et la transition verte, tout en insistant sur la nécessité pour l’UE de se tenir sur ses propres pieds.
À Moscou, le vice-ministre des Affaires étrangères Sergei Ryabkov, cité par l’agence d’État russe RIA, a appelé à attendre les résultats finaux. Il a rappelé que l’approche du Parti démocrate envers la Russie reste nettement négative, avant de préciser que la ligne de Moscou sur l’Ukraine ne dépend pas des fluctuations politiques d’autres pays.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a de son côté rappelé que Trump reste en fonction et qu’un nouveau cycle de pourparlers trilatéraux est attendu prochainement, tout en qualifiant le scrutin d’affaire intérieure américaine.
À Téhéran, le président du Parlement iranien Mohammad Baqer Qalibaf a publié sur X que les Américains avaient dit « NO TO WAR » et que l’Iran soutenait ce message, avertissant que si Washington trahissait cette volonté populaire, il découvrirait que le NON iranien s’accompagne d’un Nightmare, un cauchemar.
Des alliés rassurants, des opposants partagés
Plusieurs gouvernements alliés ont choisi la continuité. Le secrétaire général du cabinet japonais, Minoru Kihara, a affirmé en conférence de presse que l’alliance Japon-États-Unis reste la pierre angulaire de la politique étrangère de Tokyo, quel que soit le résultat électoral. En Grèce, le porte-parole du gouvernement Pavlos Marinakis a assuré sur la chaîne Skai Television que les relations gréco-américaines resteraient fortes et qu’aucun accord majeur ne serait affecté.
En France, le ministre de l’Économie Roland Lescure a estimé sur BFM TV que Trump devra choisir entre s’élever au-dessus de la mêlée, en reconnaissant la nécessité de changements sur les prix de l’essence, ou ne pas le faire. Jordan Bardella, président du Rassemblement National, a lui rappelé que les midterms sont presque toujours défavorables au président sortant, tout en soulignant les conséquences de l’intervention américaine en Iran sur le pouvoir d’achat européen via les prix du pétrole.
En Allemagne, les réactions divergent selon le bord politique. Alice Weidel, co-dirigeante de l’AfD, a estimé dans le média T-Online que Trump avait rompu sa promesse de non-interventionnisme, une rupture qui revient désormais hanter les Républicains. À l’inverse, Ines Schwerdtner, co-dirigeante de Die Linke, parle d’une défaite écrasante pour la droite mondiale.
Le Premier ministre tchèque Andrej Babis a livré une lecture plus technique, notant que même le bastion républicain du Texas était tombé. Il estime que jusqu’à la fin du mandat de Trump, il sera question de mises en accusation, de vetos et d’une forme de paralysie à Washington, tout en jugeant que Trump continuera presque certainement à faire ce qu’il veut.
En Italie, Matteo Salvini, dirigeant de La Ligue, a salué le fonctionnement de la démocratie américaine, estimant que le résultat a surtout été influencé par les guerres et la hausse du coût de la vie. En Roumanie, le sociologue Dan Dungaciu, vice-président du parti AUR, a jugé exagérées les annonces de « mort politique » de Trump, prédisant plutôt un contrôle mutuel renforcé entre l’exécutif et le Congrès.
Sur X, l’ancien président américain Barack Obama a salué un message clair des électeurs en faveur d’une politique rassembleuse, remerciant au passage les milliers de responsables électoraux des deux partis ayant assuré le bon déroulement du scrutin. Elon Musk, de son côté, a ironisé sur ses lasers spatiaux d’ingérence électorale qui n’auraient, cette fois, pas fonctionné.





