Quelle est cette arme secrète des États-Unis que l’Iran redoute plus que tout

La GBU-57/B, une bombe capable de percer jusqu’à 61 mètres de béton, pourrait changer le cours des tensions entre Israël et l’Iran.

Publié le
Lecture : 2 min
Quelle est cette arme secrète des États-Unis que l’Iran redoute plus que tout
Quelle est cette arme secrète des États-Unis que l’Iran redoute plus que tout © Armees.com

La GBU-57/B, surnommée Massive Ordnance Penetrator (MOP), est une bombe anti-bunker qui refait parler d’elle dans une période de fortes tensions entre Israël et l’Iran. Avec ses 13 tonnes, elle a été pensée pour anéantir des installations profondément enfouies sans générer de retombées radioactives. Alors que les conflits se ravivent au Moyen-Orient, sa capacité à percer jusqu’à 61 mètres sous terre pourrait bien changer la donne dans les stratégies militaires.

Les détails techniques et la puissance de feu

Cette bombe se démarque par sa faculté à traverser la roche et le béton grâce à un détonateur sophistiqué qui repère les cavités et se déclenche directement à l’intérieur des bunkers. Elle embarque une charge explosive de 2 404 kg, répartie entre 2 082 kg d’AFX-757 et 341 kg de PBXN-114, libérant l’équivalent de trois à quatre tonnes de TNT. Sa vitesse d’impact dépasse Mach 1 (soit plus de 1 235 km/h), et sa conception, avec une densité sectionnelle élevée, concentre toute sa force au moment de l’impact. De plus, la forme ogivale de son nez permet de réduire la traînée tout en répartissant uniformément la charge explosive.

Un usage réservé aux américains

Seuls les bombardiers B-2 américains sont en mesure de larguer cette bombe redoutable. Ces appareils, souvent désignés sous le nom de « Stealth bomber », peuvent parcourir jusqu’à 11 000 km sans ravitaillement et larguer leur arsenal depuis une altitude de 15 240 mètres. Bien que, selon l’US Air Force, elle n’ait jamais été utilisée en situation de combat, peu d’exemplaires sont en stock, et chaque B-2 peut emporter deux GBU-57.

Une cible à l’affût : l’usine nucléaire de Fordo

L’installation d’enrichissement d’uranium de Fordo, située à 29 km au nord-est de Qom en Iran, représente une cible stratégique majeure. Ce site, protégé par une épaisse couche de roche renforcée de béton et surveillé par des batteries antiaériennes, a la capacité de produire assez d’uranium enrichi pour fabriquer une ogive nucléaire en quelques jours. Conçue d’après Téhéran en 2007 (certains rapports évoquent un début dès 2002), son existence a été rendue publique en septembre 2009.

Le bras de fer entre Israël et l’Iran

Le conflit entre Israël et l’Iran a débuté le 13 juin, avec une première attaque lancée par Israël, alors que l’Iran riposte avec des missiles hypersoniques. Le bilan fait état de 224 morts en Iran et de 24 en Israël. Israël cherche notamment à empêcher l’Iran de se doter d’une bombe atomique, et la GBU-57 pourrait bien faire toute la différence pour atteindre cet objectif militaire. Toutefois, le président américain Donald Trump hésite à s’engager militairement aux côtés d’Israël, de peur que l’intervention des États-Unis ne se retourne contre lui politiquement.

Les enjeux et le jeu de pouvoir

Certains experts militaires, comme Behnam Ben Taleblu et Masao Dahlgren, évoquent la possibilité d’utiliser la GBU-57 pour frapper Fordo. Pour eux, même si cette bombe peut percer les défenses robustes du site iranien, elle n’est qu’une option parmi d’autres pour freiner le programme nucléaire iranien sans renoncer à la négociation. De son côté, le général américain Mark Schwartz rappelle que seuls les États-Unis disposent de cet armement capable de démanteler Fordo.

Laisser un commentaire

Share to...