Le programme GCAP (Global Combat Air Programme), partenariat trilatéral entre le Japon, le Royaume-Uni et l’Italie pour la conception d’un avion de combat de 6ᵉ génération à horizon 2035, pourrait s’élargir à de nouveaux partenaires. Selon The Japan Times du 8 juillet 2025, les trois États fondateurs ont convenu, de manière informelle, que l’Arabie saoudite pourrait intégrer l’initiative à moyen terme — sous réserve de conditions strictes, notamment en matière de transfert technologique et de gouvernance industrielle.
Arabie Saoudite et programme GCAP : Une ouverture envisagée, mais strictement encadrée
Le quotidien japonais cite des sources proches du dossier selon lesquelles la participation de Riyad ne pourra se concrétiser qu’une fois le programme solidement engagé, et après la signature du premier contrat international entre la coentreprise industrielle Edgewing et l’organisation intergouvernementale GIGO. Cette signature est attendue d’ici à la fin de l’année 2025.
Les trois États ont établi trois principes de base conditionnant toute adhésion extérieure :
- État d’avancement du projet : aucune intégration avant que les fondements industriels et technologiques ne soient stabilisés.
- Garanties sur la sécurité technologique : tout transfert ou partage de compétences sensibles sera soumis à validation unanime.
- Décision conjointe et unanime : tout nouveau partenaire devra être accepté par les trois membres fondateurs.
GCAP : Le rôle stratégique de l’Arabie saoudite
Le Royaume saoudien, engagé dans une montée en puissance de son autonomie industrielle de défense via sa stratégie Vision 2030, représente un partenaire potentiel de poids, tant sur le plan financier que stratégique. Riyad dispose d’une capacité d’investissement considérable et ambitionne de développer localement des technologies avancées, notamment à travers la structure SCOPA Industries, liée au ministère de la Défense saoudien.
Déjà fin 2024, une ouverture à l’Arabie saoudite était envisagée par l’Italie, selon une déclaration du ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, rapportée par Reuters le 27 novembre 2024 : « Il est très probable que l’Arabie saoudite rejoigne le GCAP. » Toutefois, à l’époque, le Japon se montrait particulièrement réticent. Une position qui semble avoir complètement évolué depuis.
À ce stade, l’Arabie saoudite n’est pas partie prenante du traité GCAP ni actionnaire d’Edgewing. Le processus d’adhésion, s’il se concrétise, ne pourrait s’opérer qu’à partir de 2026. Il serait alors précédé d’intenses négociations bilatérales et d’un réexamen collectif des équilibres institutionnels et industriels du projet.








