La guerre menée par les États-Unis contre l’Iran a coûté 38 milliards de dollars depuis son déclenchement, selon une estimation publiée mardi 15 septembre 2026 par le Bureau du Congrès pour le budget (CBO), agence budgétaire indépendante et sans affiliation partisane. Ce chiffre couvre cinq mois de conflit, l’estimation ayant été arrêtée début août.
Sur cette somme, 21,7 milliards de dollars correspondent au seul coût de remplacement des munitions utilisées depuis le début des hostilités. Le montant global rejoint celui avancé en juillet 2026 devant le Congrès par le ministre de la Défense Pete Hegseth, qui évoquait alors 37,7 milliards de dollars.
La facture ne devrait pas se stabiliser. Le CBO anticipe une hausse mensuelle de deux milliards de dollars si l’intensité du conflit retombe, et de trois milliards en cas d’accélération, comme observé ces dernières semaines. Cet été, Hegseth avait déjà réclamé une rallonge de 67 milliards de dollars au Congrès pour poursuivre l’effort militaire, alors que le conflit gagne en impopularité.
Les stocks de munitions sous tension
Un rapport de l’inspecteur général du Pentagone, publié lundi 14 septembre, a constaté une pénurie de munitions liée à la guerre en Iran. Le constat tranche avec la posture de l’administration Trump, qui avait largement refusé de reconnaître cette situation ces derniers mois.
Le CBO s’alarme en particulier des missiles intercepteurs de défense antimissile. En comparant les dépenses engagées à ce poste et le nombre total d’unités achetées, l’agence estime que les États-Unis ont probablement consommé entre la moitié et les deux tiers de leurs stocks depuis juin 2025.
Reconstituer ces réserves ne se fera pas en quelques semaines. Selon le Wall Street Journal, la facture de reconstitution des stocks avoisinera 22 milliards de dollars, dont environ sept milliards pour les missiles de croisière d’attaque terrestre et 13 milliards pour les intercepteurs antimissile.
ABC News, citant le rapport du CBO, évoque un délai pouvant atteindre une demi-décennie, l’agence s’inquiétant des conséquences si un nouveau front venait à s’ouvrir face à un adversaire disposant lui aussi d’un arsenal de missiles balistiques et de croisière.
Le Pentagone n’a transmis aucune donnée au CBO pour cette estimation et n’a pas commenté ces chiffres auprès des médias américains.
Une facture qui pèse aussi sur l’inflation
Le CBO relie également le conflit à la hausse des prix aux États-Unis, en raison des perturbations sur l’approvisionnement en pétrole et en gaz depuis que Téhéran a verrouillé le détroit d’Ormuz. En s’appuyant sur l’indice PCE, l’agence a relevé de 0,5 point sa prévision d’inflation pour le premier trimestre 2027 par rapport à ses estimations de février, avec une inflation sous-jacente revue à la hausse de 0,3 %. Une telle progression entraînera aussi, selon le CBO, une hausse des taux obligataires.
Cette analyse fait suite à une demande de plusieurs parlementaires démocrates. Elle intervient alors que les frappes américaines en Iran ont repris le 1er septembre 2026, après un mois d’accalmie dans le détroit d’Ormuz consacré à des négociations diplomatiques. Le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio a depuis fermé la porte à toute reprise du dialogue avec Téhéran, « tant qu’ils persisteront à vouloir se procurer » l’arme nucléaire, a-t-il affirmé.








