Pourquoi la Marine a choisi le brouilleur Neptune Majes pour ses frégates alors que personne ne s’attendait à cette technologie sur ce type de navire

La Marine nationale modernise ses frégates avec des technologies inédites de brouillage et d’armement.

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Pourquoi la Marine a choisi le brouilleur Neptune Majes pour ses frégates alors que personne ne s'attendait à cette technologie sur ce type de navire
Pourquoi la Marine a choisi le brouilleur Neptune Majes pour ses frégates alors que personne ne s’attendait à cette technologie sur ce type de navire © Armees.com

La Marine nationale française lance une vaste mise à jour de ses frégates en intégrant de nouveaux systèmes de brouillage électronique et des armes à énergie dirigée, confirme le média spécialisé Zone Militaire. Cette évolution s’inscrit dans la Loi de programmation militaire (LPM) 2024-30, promulguée le 1er août 2023. Au départ, l’absence de leurres antimissiles et de dispositifs de brouillage avait suscité des inquiétudes, notamment celles de l’ancien chef d’état-major, l’amiral Pierre Vandier, en juillet 2021. Ces lacunes s’expliquaient par des contraintes budgétaires lors du lancement des frégates de défense et d’intervention (FDI) de la classe « Amiral Ronarc’h ».

Budget serré : décisions et réactions

En juillet 2021, l’amiral Pierre Vandier avait pointé les limites financières initiales, expliquant que l’ajout de capacités de brouillage avait été repoussé. Les cinq futures FDI étaient donc dépourvues de systèmes de leurres antimissiles. Selon Vandier, « l’ajout de ces capacités n’entrait pas dans l’enveloppe financière » de la précédente LPM, reportant au 2026 l’ouverture de la ligne budgétaire. Cette décision visait à inclure ces systèmes dans le programme évolutif des frégates.

Face à ces difficultés, le nouvel amiral en charge, Nicolas Vaujour, a insisté sur l’importance d’adopter de nouvelles technologies de guerre électronique. Il a justifié l’acquisition de brouilleurs Neptune MAJES développés par MC2 Technologies, en précisant qu’ils répondent mieux aux menaces actuelles, comme les drones, que les anciens systèmes R-ECM. Cette démarche doit non seulement permettre une transition vers une « guerre électronique numérique », mais aussi renforcer la protection des frégates contre ces menaces.

Nouvelles technologies et perspectives

Le système Neptune MAJES, présenté comme un système de brouillage tactique des communications, repose sur des caissons de génération et d’amplification des signaux, ainsi que sur un ensemble d’antennes omnidirectionnelles et directionnelles. Il est conçu pour perturber les drones en brouillant leur positionnement par satellite et leur liaison de données tactiques. « Ce que ne nous permettent pas les anciens brouilleurs », explique l’amiral Vaujour. Cette technologie marque une avancée vers une guerre électronique plus active et nuancée, jugée « absolument remarquable » pour sa capacité à basculer vers des actions électroniques plus fines.

Parallèlement, l’acquisition de systèmes d’armes à énergie dirigée est envisagée pour améliorer la défense navale face aux menaces émergentes. Ces armes présentent un attrait économique évident alors que le coût unitaire d’un missile peut atteindre un million d’euros, tandis qu’un drone ennemi peut ne valoir que quelques milliers d’euros. À l’heure actuelle, la portée des systèmes à forte énergie reste limitée à moins d’un kilomètre ; l’amiral Vaujour souhaite cependant l’étendre à 5 à 10 km, sollicitant l’expertise d’industriels comme Thales pour relever ce défi.

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