Deux avions Alpha Jet de la Patrouille de France se sont écrasés lors d’un entraînement à Saint-Dizier (Haute-Marne), ce mardi 25 mars 2025, à proximité de la base aérienne BA113.
Deux Alpha Jet écrasés
L’accident s’est déroulé dans le secteur de Villiers-en-Lieu, lors d’une répétition de la Patrouille de France à laquelle participaient cinq Alpha Jet. Selon les premiers témoignages, les deux appareils se seraient percutés en plein vol avant que l’un d’eux ne s’écrase sur une usine, provoquant un début d’incendie rapidement maîtrisé. Les trois pilotes concernés (deux dans un appareil, un dans l’autre) ont pu s’éjecter et ont été retrouvés conscients par les secours.
La préfecture de Haute-Marne a précisé que les pilotes ont été pris en charge vers 16 h 20 et que le plan SATER (Sauvetage Aéro-Terrestre) avait été déclenché en coordination avec les forces militaires. Selon le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, « les secours ont été immédiatement mobilisés avec une coordination assurée entre le ministère de l’Intérieur et celui des Armées ».
Un appareil emblématique de la patrouille de France, mais vieillissant
L’Alpha Jet fait partie des appareils emblématiques de la Patrouille de France. Conçu dans les années 1970 dans le cadre d’une coopération franco-allemande entre Dassault-Breguet Aviation et Dornier, cet appareil a d’abord été conçu pour répondre à deux objectifs distincts : une version française simplifiée destinée à l’entraînement et une version allemande plus sophistiquée pour l’appui aérien rapproché.
L’Alpha Jet a effectué son premier vol le 26 octobre 1973, avec Jean-Marie Saget aux commandes. Très manœuvrant et fiable, il est entré en service en France en 1979. L’année suivante, c’est au tour de la Luftwaffe – l’armée de l’air allemande – d’adopté ce modèle. Au total, 512 exemplaires ont été produits, dont 329 exportés dans 10 armées de l’air, notamment celles du Maroc, du Nigeria et du Cameroun.
En France, il est surnommé le « Gadget » et équipe la Patrouille de France depuis 1981. Connu pour sa robustesse et sa sécurité en vol, l’Alpha Jet est malgré tout un appareil vieillissant, ce qui soulève parfois – l’accident de ce mardi 25 mars 2025 en témoigne – des interrogations quant à sa fiabilité.
Un coût significatif pour l’Armée de l’Air
L’Alpha Jet, malgré ses performances, représente un coût important. Chaque appareil est estimé à plusieurs millions d’euros. L’accident de deux avions lors de cet entraînement représente donc une perte financière non négligeable pour l’Armée de l’Air.
Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes exactes de l’accident. Le Bureau Enquêtes Accidents pour la sécurité de l’aéronautique d’État (BEA-É) devrait examiner les enregistreurs de vol (boîtes noires) des deux Alpha Jet accidentés afin de comprendre les circonstances précises du drame.
Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a insisté sur l’importance d’évaluer les protocoles de sécurité : « Cet accident nous rappelle les risques inhérents à ces démonstrations d’une grande complexité technique. La sécurité des pilotes et du public demeure notre priorité absolue. »








