Longtemps épargnée, Moscou, la capitale russe, est devenue une cible privilégiée dans le conflit entre l’Ukraine et la Russie. Les récentes frappes de drones explosifs montrent une nette intensification des opérations, ont mis au jour des failles dans les défenses russes. Le Kremlin a réagi en prenant de nouvelles mesures pour sécuriser la ville. Le siège aérien de Moscou est bien lancé, rappelant une attaque aérienne massive sur Kiev.
Une chronologie des attaques et ce que ça signifie pour Moscou
Depuis le début de la guerre, Moscou avait été relativement épargnée, jusqu’à l’apparition des attaques par drones. En mai 2023, huit drones de type Lyutyi et Fire Point FP-1 ont été observés pour la première fois au-dessus de Moscou, rapporte le magazine Forbes. Ces engins ont montré les limites des défenses de la capitale. En août 2024, les forces russes affirmaient avoir abattu onze autres drones.
Une série d’attaques en 2025 a culminé en mars, avec environ 91 drones impliqués. Plus récemment, dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 octobre, 34 drones ont été interceptés, portant le total à 193 drones abattus. L’année 2025 a aussi compté des attaques en mai, juillet et septembre, traduisant une montée en puissance des opérations ukrainiennes.
Comment la Russie répond sur le plan politique et militaire
Face à la situation, le Kremlin a annoncé vouloir mobiliser des réservistes (militaires rappelés du civil) pour protéger des infrastructures clés comme les raffineries de pétrole. Cette mesure a été confirmée le 22 octobre, même si son efficacité fait débat. En parallèle, Moscou a mis en place un système de défense multicouches, avec les systèmes de missiles S-300 et S-400, ainsi que des véhicules antiaériens mobiles. Pourtant, malgré ces équipements de pointe, ils peinent à s’adapter aux drones ukrainiens.
Les commandants militaires russes insistent sur l’importance de cette mobilisation pour sécuriser la ville. Certains observateurs estiment toutefois que la mesure pourrait déboucher sur des mobilisations peu efficaces, voire risibles — des soldats à temps partiel armés de kalachnikovs face à des drones difficiles à détecter.
Ce que valent vraiment les défenses de Moscou
Moscou est présentée comme l’une des villes les mieux défendues au monde, dotée d’un « double anneau de silos » pour ses missiles intercepteurs (pour missiles intercepteurs). Mais ces installations sont surtout conçues pour neutraliser des missiles balistiques, pas des drones légers et lents. Il manque des radars spécialisés, des canons antiaériens adaptés et des communications intégrées avec la défense aérienne nationale, ce qui complique sérieusement la tâche.
Selon Sergueï Sobianine, maire de Moscou, les forces russes ont intercepté de nombreux drones, mais doivent composer avec la chute de débris qui endommage le sol.








