Les Marines à Los Angeles : Donald Trump réprime des manifestations pro-migrants

Le 9 juin 2025, Donald Trump a ordonné le déploiement de 700 Marines à Los Angeles en réponse à une vague de manifestations pro-migrants dans plusieurs villes américaines.

Publié le
Lecture : 3 min
marines-los-angeles-donald-trump-pro-migrants
Les Marines à Los Angeles : Donald Trump réprime des manifestations pro-migrants © Armees.com

Le 9 juin 2025, Donald Trump a ordonné le déploiement de 700 Marines à Los Angeles en réponse à une vague de manifestations pro-migrants dans plusieurs villes américaines. Ce choix suscite une vive polémique juridique et politique, alors que la Californie dénonce une dérive autoritaire et une utilisation inédite de l’armée contre des mouvements sociaux civils.

La Californie, nouvelle zone de guerre

À peine trois jours après le début des mobilisations pro-migrants en Californie, Donald Trump renforce le dispositif sécuritaire en envoyant 700 Marines à Los Angeles, en appui aux 2 000 Gardes nationaux déjà présents sur le terrain. Une décision qui provoque une onde de choc politique et juridique dans tout le pays.

« S’ils crachent, nous frappons, et je vous promets que nous frapperons comme jamais auparavant. » Les promesses de Donald Trump se sont changées en actes. En l’occurrence, c’est la Californie qui en est le théâtre. À l’origine de cette escalade ? Des manifestations contre l’agence ICE (Immigration and Customs Enforcement), qui, conformément aux promesses de campagne de Donald Trump, mène des vagues d’expulsions massives de migrants sans papiers. À Los Angeles, Santa Ana, mais aussi à Austin ou New York, les manifestants bloquent des axes, forment des chaînes humaines devant les centres de détention, ou occupent des bâtiments publics.

Donald Trump militarise Los Angeles

Le bataillon choisi, le 2nd Battalion, 7th Marines, surnommé les War Dogs, est basé à Twentynine Palms, dans le désert californien. Ce n’est pas une troupe de maintien de l’ordre. Ce sont des soldats formés au combat en Irak et en Afghanistan. Leur mission, selon le Pentagone : « sécuriser les installations fédérales et les agents de l’ICE ». En effet, la présence de l’extrême-gauche et de certaines personnes violentes parmi les migrants ont rendu la situation dramatique à Los Angeles. Voitures brûlées, masques de sécurité haut de gamme distribués aux émeutiers, les unités policières habituelles semblent dépassées par les événements.

Le gouverneur Gavin Newsom ne mâche pas ses mots : « Le fantasme fou d’un président dictatorial est en train de prendre forme sous nos yeux ». Son administration engage immédiatement des poursuites contre le gouvernement fédéral pour violation du Posse Comitatus Act, qui interdit l’usage de l’armée à des fins de maintien de l’ordre civil sans autorisation explicite du Congrès. Pourtant, Donald Trump ne déclenche pas officiellement l’Insurrection Act de 1807, la même loi invoquée par George H. W. Bush en 1992. Il s’appuie plutôt sur son secrétaire à la Défense pour justifier ce déploiement.

Derrière la manœuvre : stratégie électorale ou dérive autoritaire ?

Dans les cortèges, les slogans pro-immigrants se mêlent aux drapeaux syndicalistes. Le SEIU California, l’un des plus puissants syndicats de travailleurs, voit son président David Huerta arrêté le 8 juin à Santa Ana lors d’un sit-in devant un centre ICE.

Comme on pouvait s’y attendre, la présence militaire n’a pas calmé les esprits. Plus de 250 arrestations, de nombreux blessés et un usage de gaz lacrymogènes ont été documentés dans les rues de Boyle Heights et du centre-ville. Les manifestations ont été qualifiées d’« opérations de désobéissance civile » par leurs organisateurs.

Une opération colossale

134 millions d’euros. C’est le coût estimé du déploiement militaire à Los Angeles pour deux mois, selon des sources proches du département de la Défense. Une somme colossale pour une opération particulièrement importante pour Donald Trump. Los Angeles est en effet une ville où l’immigration, notamment l’immigration illégale, est nombreuse. Or, ce thème est clé dans la politique de Donald Trump.

À Los Angeles, les Marines ne se contentent pas d’un rôle passif. Ils gardent les bâtiments fédéraux, les entrées des centres ICE, et parfois escortent les véhicules de l’agence.

L’armée au secours de la loi, un épisode inédit

Dans l’histoire des États-Unis, peu d’épisodes ont vu le déploiement de troupes d’élite contre des citoyens. Les comparaisons vont bon train avec la répression des protestations contre la guerre du Vietnam, ou les déploiements lors des émeutes raciales du siècle dernier.

Mais ici, il ne s’agit pas de répondre à des émeutes armées. Il s’agit de réprimer un mouvement social contestataire, qui s’organise autour de l’idée que la politique migratoire américaine viole les droits fondamentaux.

Laisser un commentaire

Share to...