Stravaleaks : au tour de nos sous-marins nucléaires d’être compromis

L’affaire Stravaleaks n’a pas fini de faire couler de l’encre, et pour cause : après la polémique concernant le suivi sportif des gardes du corps de plusieurs présidents, c’est la sécurité des sous-marins nucléaires français de l’Île-Longue qui s’avère être compromise.

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Ce qui devait rester confidentiel ne l’a pas été. Comme le rapporte Le Monde dans son enquête publiée le 13 janvier 2025, les séances de sport de plusieurs sous-mariniers de la base navale de l’Île-Longue se sont synchronisées automatiquement sur l’application Strava, exposant des informations ultra-sensibles sur leur mission.

Des montres compromettent nos sous-marins nucléaires

Après le scandale d’octobre 2024 concernant les gardes du corps de certains présidents, on aurait pu penser que l’affaire Stravaleaks serait bouclée. Mais il n’en est rien. Comme le révèle une enquête du Monde, c’est au tour des sous-mariniers affectés à l’Île Longue d’être pointés du doigt pour leur négligence. Pour rappel, la base navale de l’Île Longue, située près de Brest (Finistère), est la base navale la plus sécurisée et secrète de la Marine nationale. Elle abrite les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de la marine française (SNLE). Chacun d’eux peut emporter seize missiles balistiques équipés d’ogives nucléaires. Autrement dit, cette base navale est garante du dispositif de dissuasion nucléaire français.

Malgré une interdiction formelle des smartphones et autres appareils connectés au sein de la base de l’Île Longue, certains marins ont continué à enregistrer leurs séances de sport à l’aide de leurs montres connectées, pourtant en mode hors connexion. Premier problème en effet : même hors connexion, leurs montres ont enregistré les parcours de leurs courses, et ces derniers se sont automatiquement synchronisés sur l’application Strava dès connexion à un réseau internet. Second problème : les profils de certains sous-mariniers concernés sont publics. Le Monde a ainsi analysé les interruptions d’activité des marins pour deviner les départs en mission des sous-marins nucléaires français. Chaque retour de patrouille coïncidait avec une nouvelle synchronisation des données sur l’application. Le partage des informations sensibles, bien qu’involontaire de la part des sous-mariniers concernés, démontre que la leçon d’octobre 2024 n’a pas été retenue.

Revoir l’ensemble des protocoles de sécurité

La dissuasion nucléaire repose sur un principe fondamental : l’impossibilité pour un adversaire d’anticiper une attaque ou une riposte. Les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins incarnent cette garantie. Invisibles, en mouvement constant, leur mission est d’assurer une riposte immédiate en cas d’agression. Si leur déplacement deviennent prévisibles, c’est tout le dispositif de dissuasion nucléaire français qui est compromis, et de facto, la sécurité nationale.

Ce nouveau scandale lié au Stravaleaks pourrait néanmoins pousser les autorités à revoir en profondeur les protocoles de sécurité appliqués aux bases militaires. Si une simple application sportive suffit à compromettre des missions sensibles, il est urgent d’imposer des mesures drastiques et de vérifier que celles-ci soient appliquées par l’ensemble du personnel militaire.

3 réflexions au sujet de “Stravaleaks : au tour de nos sous-marins nucléaires d’être compromis”

  1. C’est pas compliqué, interdiction totale de tout ce qui peut être envoyé sur internet donc montre, portable et autres restent à la maison ! Comme des enfants interdiction du portable a l’école !

  2. Tous nuls . Plus les espions
    Plus le personnel espion.
    De vrais gamins nos militaires.
    Ils pensent aux jeux. A téléphoner
    Etc etc…. pfffff tous nuls

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