Ce week-end, le nord du Mali a de nouveau été le théâtre de violences. Des frappes militaires et des attaques jihadistes ont secoué la région, causant la mort de plusieurs civils. Pendant ce temps, l’armée malienne, accompagnée par des mercenaires de Wagner, continue ses opérations.
L’escalade des attaques jihadistes au Mali
Le nord du Mali, déjà ravagé par des années de conflit, a été le théâtre d’une nouvelle série d’attaques jihadistes ce week-end. Le groupe Jnim, affilié à Al-Qaïda, a revendiqué plusieurs attaques contre des bases militaires situées dans les villes stratégiques de Gao, Tombouctou et Ber.
À Gao et Tombouctou, les jihadistes ont utilisé des roquettes visant les aéroports militaires, mais ces projectiles n’ont pas atteint leur cible. À Ber, c’est une attaque suicide qui a été menée. Toutefois, dans ces trois cas, les forces armées maliennes, appuyées par des supplétifs du groupe Wagner, ont réussi à repousser les assauts. Les assaillants ont été neutralisés avant de pouvoir pénétrer les bases militaires. Ces attaques surviennent dans un contexte d’insécurité croissante dans le nord du Mali, où les groupes terroristes continuent de gagner du terrain, malgré la présence de forces armées locales et étrangères.
Des frappes militaires et victimes civiles
En réponse à ces menaces croissantes, l’armée malienne a intensifié ses opérations dans la région. Le 5 octobre 2024, des frappes aériennes ont ciblé ce que l’armée a décrit comme une « colonne de véhicules terroristes » près de la ville de Tinzaouatène, à la frontière algérienne. Cependant, plusieurs sources locales contestent cette version, affirmant que ces frappes ont tué sept civils. Il s’agirait d’orpailleurs nigériens qui se trouvaient dans la zone, cherchant à rentrer chez eux après leur travail dans les mines.
Cette bavure présumée a soulevé l’indignation parmi la population locale et les observateurs internationaux, qui dénoncent les conséquences tragiques des frappes aériennes mal coordonnées dans les zones habitées. L’armée malienne, pour sa part, n’a pas encore répondu à ces accusations ni fourni de détails supplémentaires sur les victimes civiles.
Une situation militaire complexe
Parallèlement aux frappes aériennes, une colonne de l’armée malienne, accompagnée par des mercenaires russes du groupe Wagner, a continué de progresser vers Tinzaouatène, une ville proche de la frontière algérienne. Ce convoi, composé d’environ 70 véhicules, transporte des soldats maliens et des combattants locaux du Gatia et du MSA, des milices alliées au gouvernement malien.
L’objectif de cette opération militaire semble être de sécuriser cette région stratégique, qui est en proie à des affrontements réguliers avec des groupes rebelles et jihadistes. Cependant, le convoi a été observé en train de revenir sur les lieux d’une bataille sanglante survenue en juillet dernier, où plusieurs dizaines de soldats maliens et de combattants du groupe Wagner avaient trouvé la mort. La raison de cette manœuvre reste floue, mais certains observateurs pensent que l’armée cherche à récupérer les corps de ses soldats tombés lors de cette bataille.
Un avenir incertain
Alors que les combats se poursuivent, la situation dans le nord du Mali reste extrêmement volatile. L’armée malienne continue de mener des opérations pour tenter de regagner le contrôle de cette vaste région, mais les attaques jihadistes persistent. Les civils, quant à eux, paient un lourd tribut à ces affrontements, souvent pris entre les frappes militaires et les attaques des groupes terroristes.








