Lituanie : Berlin renforce sa veille électronique

La brigade allemande stationnée en Lituanie doit contribuer à détecter les activités militaires autour de Kaliningrad et de la Biélorussie. Le 28 octobre, le responsable du cyberespace de la Bundeswehr a détaillé les moyens de surveillance électromagnétique actuellement testés sur le flanc oriental de l’OTAN.

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Lituanie : Berlin renforce sa veille électronique © Armees.com

La brigade allemande stationnée en Lituanie doit contribuer à détecter les activités militaires autour de Kaliningrad et de la Biélorussie. Le 28 octobre, le responsable du cyberespace de la Bundeswehr a détaillé les moyens de surveillance électromagnétique actuellement testés sur le flanc oriental de l’OTAN.

La présence militaire permanente de l’Allemagne en Lituanie prend une dimension supplémentaire : le renseignement électronique. Selon les explications données à Reuters le 28 octobre par le vice-amiral Thomas Daum, les unités allemandes doivent repérer les émissions de radars et d’autres équipements militaires russes ou biélorusses. Les informations recueillies alimenteront des bases de données utilisées par les forces allemandes et alliées pour reconnaître de nouveaux systèmes et améliorer l’alerte avancée.

Des radars aux drones, surveiller le spectre électromagnétique

Les forces allemandes expérimentent en Lituanie plusieurs familles de matériels : détecteurs de drones, dispositifs d’interception de signaux, moyens de brouillage et capteurs capables de transmettre leurs observations à des analystes éloignés du terrain. Ces équipements n’ont pas tous la même fonction. Certains servent à identifier une émission ou à localiser une activité ; d’autres peuvent perturber des communications ou des systèmes adverses, selon leur configuration et leurs conditions d’emploi.

Le renseignement électromagnétique repose sur la caractérisation des signaux : fréquence, durée, comportement et signature des émetteurs. Lorsqu’un radar inconnu apparaît, sa détection et son analyse peuvent enrichir les références disponibles pour les systèmes de surveillance et de protection des forces. Cette démarche s’inscrit dans un travail continu, plutôt que dans la seule réaction à une crise.

La Bundeswehr décrit déjà, sur son site officiel consacré à la mission Vigilant Owl, une opération de reconnaissance électromagnétique menée en Lituanie par sa composante Cyber- und Informationsraum. Lancée avant les déclarations du 28 octobre, cette mission vise à détecter et analyser des activités dans le spectre électromagnétique, en coopération avec les forces lituaniennes.

Une brigade allemande appelée à monter en puissance en 2027

La surveillance électronique doit accompagner le renforcement de la brigade blindée allemande 45, installée de manière permanente en Lituanie. L’OTAN indique que cette formation doit atteindre sa pleine capacité opérationnelle d’ici la fin de 2027, avec environ 5 000 militaires et personnels civils. Elle constitue l’un des éléments du dispositif de défense de l’Alliance à proximité de la Biélorussie et de l’enclave russe de Kaliningrad.

Les précisions fournies par Thomas Daum concernent donc une capacité en cours de développement et d’essais, et non la mise en service annoncée d’un système unique. La disponibilité des capteurs, la qualité de l’analyse et le partage des données entre alliés détermineront l’efficacité opérationnelle du dispositif.

La guerre électronique au cœur de la défense du flanc Est

Au-delà des équipements, le responsable militaire allemand souligne l’évolution des menaces hybrides, où opérations cyber, actions informationnelles et activités militaires peuvent se combiner sous le seuil d’un affrontement ouvert. Son appréciation traduit la vigilance de la Bundeswehr face aux actions attribuées à la Russie ; elle ne constitue pas l’annonce d’une confrontation armée.

La modernisation passe aussi par l’industrie. Patrick Jeschke, responsable du centre d’innovation cyber de la Bundeswehr, a expliqué à Reuters que les militaires disposent désormais d’un choix beaucoup plus large de technologies à évaluer. Le défi consiste à sélectionner des solutions adaptées, puis à les intégrer aux unités et aux chaînes d’analyse.

Pour les forces alliées présentes dans les États baltes, la valeur de ces capacités réside dans le délai gagné entre l’apparition d’un signal inhabituel et sa compréhension. En Lituanie, la brigade allemande devra associer cette veille technique à ses missions classiques de dissuasion, de préparation et de défense collective.

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