Mer Noire : un cargo coulé par des drones malgré une alerte venue d’un avion français

Le porte-conteneurs Contship Jet a sombré au large de la Bulgarie après une attaque de drones navals le 28 octobre. Les 18 marins ont été secourus, mais l’incident révèle les difficultés de protection du trafic commercial, malgré une alerte transmise par un appareil français.

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Mer Noire : un cargo coulé par des drones malgré une alerte venue d’un avion français © Armees.com

Un porte-conteneurs a sombré en mer Noire après avoir été frappé par trois drones de surface au large de la Bulgarie, mercredi 28 octobre. Les 18 membres de son équipage ont été secourus. Selon un responsable naval bulgare cité par Reuters, un avion de patrouille français avait signalé un risque d’attaque, mais les autorités n’ont pas pu empêcher la frappe.

Le Contship Jet, battant pavillon libérien et exploité par un armateur grec, transportait 421 conteneurs entre Haïfa, en Israël, et Constanța, en Roumanie. Il a été touché dans la zone économique exclusive bulgare, à environ 21 milles nautiques des côtes, donc hors des eaux territoriales. La perte du navire a été confirmée jeudi 29 octobre.

Une attaque contre un navire marchand, un équipage sauvé

Les secours bulgares ont pris en charge les 14 marins philippins et les quatre marins ukrainiens du bord, conduits à Varna pour des examens médicaux. Des images vérifiées par Reuters montrent un engin sans équipage approcher du bâtiment ; une autre séquence montre une explosion suivie d’une forte gîte.

Le navire transportait notamment des batteries lithium-ion, des liquides corrosifs et d’autres produits industriels. Les premières inspections n’ont pas relevé de pollution visible, selon les autorités bulgares. Associated Press rapporte que des prélèvements ont été effectués en mer.

L’identité des assaillants reste inconnue. La société de sûreté maritime Ambrey estime, à partir des images disponibles, que l’un des drones pourrait dériver d’un modèle russe Murena-300S. Cette analyse technique ne constitue pas une attribution de l’attaque. Moscou a nié toute implication dans les précédents incidents de la zone.

Ce que révèle l’alerte transmise par la France

Le commandant naval bulgare Kiril Mihaylov a indiqué à la télévision nationale qu’un avion français avait prévenu les autorités d’une possible attaque. Cette information éclaire la difficulté opérationnelle de la défense contre les drones de surface : une détection ou un avertissement ne garantit pas qu’un bâtiment civil puisse être protégé à temps, particulièrement en dehors des eaux territoriales.

La présence française dans la région est documentée par le ministère roumain de la Défense. À la demande de Bucarest, un avion de patrouille maritime Atlantique 2 de la Marine nationale opère depuis la base de Mihail Kogălniceanu, du 18 octobre au 6 novembre, pour surveiller la navigation et les infrastructures critiques. Les autorités n’ont pas précisé publiquement si l’appareil à l’origine de l’alerte était cet Atlantique 2.

La protection des routes commerciales devient une priorité de l’OTAN

L’attaque s’inscrit dans une succession de frappes contre des navires civils dans l’ouest de la mer Noire. Reuters recense au moins six bâtiments attaqués au large de la Bulgarie au cours du mois d’octobre. Ces incidents mettent directement en jeu la sécurité des routes vers les ports roumains et bulgares, deux pays membres de l’Union européenne et de l’OTAN.

Le 28 octobre, les ministres de la Défense bulgare, roumain et turc se sont réunis à Sofia. Dans son compte rendu officiel, Bucarest fait état d’un renforcement envisagé du partage de renseignements, de l’alerte précoce, de la lutte antidrones et de la coordination navale. Les trois pays poursuivent également leur coopération contre les mines marines.

Pour la France, l’enjeu est immédiat : ses moyens de surveillance contribuent déjà à la protection des approches maritimes d’un allié. Le naufrage du Contship Jet pose désormais la question de l’articulation entre renseignement aérien, transmission rapide des alertes et capacité d’intervention en mer, alors que le trafic commercial demeure exposé aux attaques.

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