Lockheed Martin et l’armée américaine ont testé une roquette GMLRS dont la cible a été modifiée après son lancement depuis un HIMARS. Selon le constructeur, le projectile a ensuite détruit un objectif mobile sur le champ de tir de White Sands, au Nouveau-Mexique. Cette démonstration pourrait élargir les possibilités de l’artillerie guidée face aux cibles qui se déplacent entre le départ du coup et l’impact.
Le communiqué publié le 28 octobre 2026 par Lockheed Martin décrit une première pour ce programme : une roquette du système Guided Multiple Launch Rocket System (GMLRS) a reçu de nouvelles informations de ciblage alors qu’elle était déjà en vol. Le constructeur indique avoir mené l’essai avec l’US Army, sans préciser le jour exact du tir.
Un changement de cible transmis après le départ du HIMARS
La roquette a été lancée depuis un système d’artillerie mobile HIMARS. Pour transmettre la correction, les équipes ont associé la liaison de données Strigo au dispositif Remote Interceptor Guidance-360, ou RIG-360. L’intégration de ces équipements a été financée sur fonds propres par Lockheed Martin.
Le principe consiste à actualiser les données de ciblage après le tir, au lieu de s’en tenir à une destination déterminée avant le lancement. Une telle fonction intéresse particulièrement les forces terrestres lorsque l’objectif change de position : véhicule, équipement mobile ou autre cible dont la localisation peut évoluer pendant le trajet du projectile.
Lockheed Martin indique que la roquette a atteint et détruit la cible mobile. Le compte rendu publié par Defence Industry Europe le 28 octobre confirme les éléments annoncés par l’industriel. Ni la distance de tir, ni la vitesse de la cible, ni les conditions de détection et de transmission ne sont détaillées dans ces communications.
Relier les capteurs et les lanceurs plutôt que remplacer la roquette
L’intérêt technique revendiqué tient à l’architecture du dispositif. Le constructeur cherche à faire travailler ensemble les capteurs, les moyens de communication, les systèmes de désignation et les lanceurs déjà employés par l’armée américaine, plutôt qu’à concevoir une munition entièrement nouvelle pour chaque besoin.
Dans cette logique, l’artillerie reçoit une information actualisée au cours de la mission. Le commandement dispose alors d’une possibilité supplémentaire pour adapter le tir à la situation observée. L’efficacité dépendra notamment de la qualité des renseignements, de la continuité de la liaison et du temps disponible pour corriger la trajectoire.
Cette approche s’inscrit dans un développement engagé depuis plusieurs années. En octobre 2023, Lockheed Martin avait présenté un essai préparatoire dans lequel un prototype RIG-360 envoyait des mises à jour à une liaison embarquée dans un avion simulant la trajectoire d’une roquette. L’expérience annoncée cette semaine franchit une étape différente : la correction a été transmise à une véritable roquette tirée depuis un HIMARS.
Des applications envisagées pour les munitions de plus longue portée
Lockheed Martin estime que le dispositif de liaison pourrait également être adapté aux roquettes Extended Range GMLRS et aux missiles Precision Strike Missile (PrSM). Ces applications sont présentées comme des possibilités d’extension technologique ; le communiqué ne fait état d’aucun essai équivalent réussi sur ces deux familles de munitions.
La démonstration ne fournit pas non plus de calendrier d’équipement des unités, de volume de commandes ou de décision d’acquisition pour cette fonction de reciblage. Les prochaines étapes devront établir sa robustesse dans des conditions opérationnelles variées, notamment lorsque les communications sont perturbées. Pour l’artillerie américaine, l’enjeu est désormais de transformer un tir d’essai réussi en capacité reproductible, intégrée aux procédures de désignation et de conduite des feux.








