Le Canada snobe Naval Group : les coulisses d’une décision qui fait grincer des dents à Paris

Le Canada a choisi ses finalistes pour ses nouveaux sous-marins, écartant Naval Group.

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Le Canada snobe Naval Group : les coulisses d’une décision qui fait grincer des dents à Paris
Le Canada snobe Naval Group : les coulisses d’une décision qui fait grincer des dents à Paris © Armees.com

En août 2023, le gouvernement canadien a franchi une étape décisive pour son projet ambitieux en sélectionnant deux candidats finaux : ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) et Hanwha Ocean. L’annonce du 26 août a éliminé le groupe français Naval Group, ce qui a fait jaser sur les critères qui ont guidé ce choix. Le Canada doit modernisation de la flotte sous-marine pour faire face à ses défis géopolitiques.

Un choix stratégique pour la marine

Le projet prévoit l’acquisition de jusqu’à douze sous-marins équipés d’une propulsion classique et capables de naviguer sous la glace. Ces capacités sont indispensables pour surveiller efficacement les zones arctiques, où le renforcement des capacités maritimes est crucial pour la souveraineté du pays. L’exclusion de Naval Group a surpris, d’autant plus que son sous-marin BlackSword Barracuda est reconnu pour sa furtivité, sa létalité et son autonomie – des atouts salués dans d’autres compétitions internationales.

Naval Group a exprimé sa déception sans envisager de poursuites juridiques. Le groupe français est convaincu que son offre possédait des qualités techniques supérieures et estime que la décision aurait pu être influencée par des raisons politiques plutôt que purement techniques. Un observateur proche des discussions a même commenté : « La décision des Canadiens est politique, pas technique. »

Des ambitions qui se mêlent aux relations internationales

Le choix entre TKMS et Hanwha intervient aussi dans un contexte de relations internationales compliquées pour le Canada. D’un côté, l’Allemagne avec TKMS représente un partenaire de longue date au sein de l’OTAN. De l’autre, la Corée du Sud avec Hanwha pourrait renforcer les liens du Canada dans la région indopacifique, une zone qui prend de plus en plus d’importance pour Ottawa. Par ailleurs, Hanwha bénéficie d’une expertise construite grâce aux transferts technologiques allemands via ses modèles KSS I et KSS II.

Ce choix arrive alors que le Canada cherche à jongler entre ses partenariats commerciaux avec les États-Unis et l’Europe. En 2024, le Canada a même uni ses forces avec l’Allemagne et la Norvège pour mettre en place un Partenariat de sûreté maritime (PSM), signe de l’importance grandissante d’une coopération internationale en matière de défense maritime.

Ce revers pour Naval Group et la suite des événements

Pour Naval Group et la France, cet échec est perçu comme un revers important, notamment pour le président Emmanuel Macron qui avait activement soutenu les exportations militaires françaises. L’annonce rapide des finalistes a pris de court, laissant aux entreprises non sélectionnées peu de marge pour réagir.

Face à une flotte vieillissante qui demande une modernisation rapide, le Canada accélère ses démarches, même si on sait que ces retards de production peuvent prendre plusieurs années avant de se concrétiser.

Un défi maritime de taille pour le pays

Entouré par trois océans et avec le plus long littoral du monde, le Canada n’a jamais possédé une force sous-marine à la hauteur de ses vastes zones maritimes. Renforcer cette capacité devient une nécessité face aux tensions grandissantes dans l’Arctique, soulignant l’importance stratégique des sous-marins.

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