La Serbie équipe ses MiG-29 d’une arme supersonique

La Serbie a officiellement reconnu posséder de nouvelles capacités de frappe aérienne à très grande vitesse. L’intégration du missile CM-400AKG sur ses chasseurs marque une évolution stratégique majeure pour l’armement dans les Balkans et, plus largement, pour l’équilibre militaire européen.

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La Serbie équipe ses MiG-29 d’une arme supersonique © Armees.com

La révélation est intervenue au cœur du mois de mars 2026. Après la diffusion d’images montrant un avion de combat serbe armé d’un missile inhabituel, les autorités de Belgrade ont confirmé l’information : la Serbie possède désormais des missiles de croisière supersoniques chinois intégrés à ses chasseurs MiG-29.

La Serbie confirme l’intégration d’un missile hypersonique sur ses MiG-29

Selon RFI, le président Aleksandar Vučić a reconnu le 12 mars 2026 que l’armée serbe disposait de ces missiles après que des photographies montrant l’armement ont circulé en ligne, déclenchant une attention internationale. Cette confirmation marque une étape importante dans la modernisation de l’aviation militaire serbe et dans le renforcement des liens de défense entre Belgrade et Pékin, souligne Le Monde.

Les images en question montrent clairement un MiG-29SM de la force aérienne serbe équipé de missiles chinois CM-400AKG montés sous les ailes, comme l’indique Avia News. L’appareil appartient à une flotte d’environ 14 chasseurs MiG-29 exploités par la Serbie.

Cette configuration transforme potentiellement ces avions, historiquement conçus pour la supériorité aérienne, en plateformes capables de frapper des cibles stratégiques à longue distance. L’intégration du missile sur un chasseur soviétique modernisé souligne également une tendance croissante : la combinaison d’équipements militaires provenant de plusieurs fournisseurs internationaux dans les arsenaux contemporains.

Le missile CM-400AKG, une arme supersonique développée par la Chine

Au cœur de cette évolution se trouve le missile CM-400AKG, développé par la China Aerospace Science and Industry Corporation. Conçu comme un missile air-sol de frappe à distance, il peut être utilisé contre des objectifs terrestres ou maritimes. Les caractéristiques techniques de cette arme sont particulièrement notables. Le missile mesurerait environ 5,1 mètres de long pour une masse d’environ 910 kilogrammes. Son ogive peut peser entre 150 et 200 kilogrammes selon la configuration choisie. La portée estimée du missile varie selon les sources ouvertes. Certaines évaluations évoquent une portée minimale d’environ 100 kilomètres, tandis que d’autres indiquent une capacité pouvant atteindre environ 240 à 250 kilomètres, selon United24 Media.

Sa vitesse constitue toutefois l’élément le plus marquant. Le CM-400AKG pourrait atteindre environ Mach 4,5, soit plus de quatre fois la vitesse du son, et certains analystes évoquent même des pointes proches de Mach 5 en phase terminale, relaye Defence Security Asia.

Ces performances placent le missile dans la catégorie des armes supersoniques à très haute vitesse. Dans la pratique, une telle rapidité réduit considérablement le temps de réaction des systèmes de défense antiaérienne adverses et augmente donc les chances de frappe réussie.

Un missile qui transforme le rôle du MiG-29 dans l’armement serbe

L’intégration du CM-400AKG modifie profondément les capacités opérationnelles de l’aviation serbe. Initialement conçu comme chasseur de supériorité aérienne, le MiG-29 peut désormais être utilisé pour des missions de frappe à distance. L’intégration de ce missile transforme les MiG-29 serbes en plateformes capables d’attaquer des objectifs stratégiques sans pénétrer profondément dans l’espace aérien adverse.

L’état-major serbe a lui-même souligné cette évolution. Le général Milan Mojsilović, chef d’état-major de l’armée serbe, a expliqué que « dans la composante aérienne, nous disposons d’armes ayant une portée maximale et une létalité comparables à celles du système d’artillerie PULS », souligne The War Zone.

Cette capacité permet à un chasseur de tirer son missile à grande distance puis de se retirer rapidement. La cible peut être un navire, une installation militaire ou une infrastructure stratégique. Une évolution technique est rendue possible grâce à un système d’interface d’armement développé par la société chinoise CATIC. Ce dispositif permet d’intégrer des munitions chinoises sur des avions étrangers sans modification majeure de l’avionique.

Le missile serbe et l’équilibre militaire en Europe et dans les Balkans

L’apparition de ces missiles dans l’arsenal serbe pourrait avoir des implications au-delà du seul cadre national. Plusieurs analystes estiment qu’il s’agit de la première intégration connue de ce type de missile chinois dans une force aérienne européenne, explique SeeNews. Jusqu’ici, le CM-400AKG était surtout associé au Pakistan, qui l’utilise sur ses chasseurs JF-17. La Serbie deviendrait donc le second utilisateur étranger connu de cette arme.

Pour certains spécialistes militaires, cette évolution pourrait modifier l’équilibre régional dans les Balkans. L’apparition d’une capacité de frappe rapide à longue distance donnerait à Belgrade un avantage dans certains scénarios de dissuasion ou de projection de puissance, explique Army Recognition. Cette évolution intervient par ailleurs dans un contexte de modernisation plus large de l’armée serbe. Le pays a notamment commandé 12 chasseurs Rafale pour moderniser son aviation de combat.

Ainsi, la Serbie poursuit une stratégie d’acquisition diversifiée combinant équipements occidentaux, russes et chinois. Cette approche illustre la volonté de Belgrade de renforcer son autonomie stratégique tout en multipliant ses partenariats militaires.

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