La guerre tourne au ralenti : ce qui bloque vraiment l’avancée des troupes de Poutine

Les troupes russes montrent un étonnant ralentissement, suscitant des doutes sur leur puissance.

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La guerre tourne au ralenti : ce qui bloque vraiment l’avancée des troupes de Poutine
La guerre tourne au ralenti : ce qui bloque vraiment l’avancée des troupes de Poutine © Armees.com

Depuis la mi-septembre, les troupes russes affichent un étonnant immobilisme sur le front ukrainien. Après plus de trois ans de combat intense, la progression de la Russie semble s’essouffler, ce qui soulève de vives interrogations sur ses capacités militaires et sur les retombées géopolitiques. Pendant que Donald Trump joue les intermédiaires pour négocier, les opérations militaires se poursuivent malgré ce ralentissement apparent.

Un regard sur le ralentissement des forces russes

Thibault Fouillet, directeur scientifique à l’Institut d’études de stratégie et de défense de l’Université Lyon III, partage son analyse, relayée dans Ouest-France. Pour lui, la décélération des avancées russes n’est pas directement causée par les négociations en cours. Il parle d’une « concordance d’agenda » mais n’établit pas de lien direct entre les discussions et la pause sur le terrain. En réalité, selon lui, les troupes semblent tout simplement être à bout de souffle après des mois d’efforts intenses. Ce constat vient d’observations faites sur le terrain où, depuis trois semaines à un mois, la pression des forces russes a nettement diminué.

L’expert ajoute que ce ralentissement dépend aussi des objectifs stratégiques. S’il s’agit de lancer une offensive de grande ampleur, cela pourrait prendre plusieurs mois ; mais pour rediriger les efforts vers Pokrovsk, quelques semaines suffiraient. Pour Vladimir Poutine, reprendre le Donbass garde une forte valeur symbolique après l’échec de la prise de Kiev.

La situation dans le Donbass et ailleurs

Dans le sud du Donbass, malgré le ralentissement général, les troupes russes continuent de progresser. Après avoir pris Velyka Novosilka en janvier, elles avancent maintenant vers l’ouest et le nord, mètre carré après mètre carré depuis juin. Pourtant, Pokrovsk résiste toujours aux tentatives d’encerclement russe. Capturer cette ville stratégique permettrait à la Russie de couper plusieurs routes d’accès vitales, soulignant l’importance stratégique de Pokrovsk.

Dans la région de Dnipro, les soldats russes se déplacent autour des villages d’Oleksiïvka et Novohryhorivka, tandis que Verbove a été pris entre début et mi-octobre 2025. À Kharkiv, les combats se concentrent autour de Koupiansk, où plusieurs immeubles dans la partie nord de la ville ont été capturés par les forces russes.

Ce qui se cache derrière le ralentissement

D’après le ministère britannique de la Défense, ce ralentissement s’explique par une réorganisation nécessaire des troupes russes, en réponse aux frappes de drones ukrainiens. Les divisions aéroportées ont été redéployées depuis les régions du nord, comme Soumy, vers des oblasts du sud (Donetsk, Kherson et Zaporijjia) afin de renforcer leurs positions dans ces zones stratégiques autour du Donbass.

Les chiffres illustrent bien cette tendance : en septembre 2025, environ 250 km² ont été conquis contre 465 km² en août 2025. La Russie aurait perdu environ 332 000 soldats (tués et blessés) depuis le début de l’année 2025 et environ 1 118 000 soldats depuis le début du conflit en 2022.

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