La DGA drones : offensive stratégique annoncée au Bourget 2025

Dans un monde où la guerre se numérise, la DGA place ses pions pour anticiper les conflits de demain.

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La DGA drones : offensive stratégique annoncée au Bourget 2025 © Armees.com

Paris, le 18 juin 2025 — Dans le tumulte technologique du Salon du Bourget 2025, un tournant décisif s’est joué pour la défense française : la Direction générale de l’armement (DGA) a confirmé sa volonté d’accélérer le déploiement stratégique de drones dans les forces armées, avec une série d’annonces structurantes pour l’ensemble de la filière. Le ministère des Armées a ainsi officialisé la signature de cinq conventions et d’un accord-cadre, orchestrant une nouvelle ère de compétitivité industrielle.

Des drones MALE pour une armée plus agile

À l’épreuve des récents théâtres d’opérations à haute intensité, la nécessité d’intégrer des drones MALE – Moyenne Altitude Longue Endurance – devient une évidence. Conçus pour des missions de surveillance, de renseignement et de frappe légère, ces systèmes doivent conjuguer autonomie, modularité et résilience face au brouillage.

Pour répondre à cette exigence, la DGA a signé cinq conventions de financement avec AURA AERO, Daher, FLY-R, SE Aviation et Turgis Gaillard. Ce choix symbolise l’entrée en phase opérationnelle du programme de démonstrateurs MALE, avec des premières livraisons espérées dès 2026. Le pari ? « Favoriser l’émulation entre industriels pour faire émerger la meilleure solution opérationnelle dans un cadre de coûts et de délais resserrés », précise le communiqué du ministère.

Airbus et Naval Group misent sur le VSR700 maritime

L’autre versant de cette accélération concerne le domaine naval. Avec le programme SDAM (Système de drone aérien pour la Marine), la DGA a conclu un accord-cadre stratégique avec Airbus Helicopters et Naval Group. Objectif : équiper la Marine nationale de six systèmes VSR700, embarqués à bord de six frégates multi-missions et de défense-intervention.

Ce drone hélicoptère, dérivé du Guépard civil, sera capable de décoller et d’apponter automatiquement, même par mer agitée. Doté d’une autonomie de huit heures et d’une portée de 150 km, le VSR700 promet de transformer les capacités de détection, d’identification et de projection tactique à partir des bâtiments de surface. « La version finale apportera une capacité inédite à la Marine nationale grâce à ses capteurs optimisés pour le milieu marin », confirme le ministère des Armées.

CapXDN : tester, expérimenter, déployer

Mais pour que ces technologies passent de la planche à dessin au théâtre des opérations, il faut des infrastructures de test à la hauteur. C’est tout l’enjeu du dispositif CapXDN, récemment lancé par la DGA. Co-pilotée avec la Marine nationale, cette capacité d’expérimentation s’appuie sur des sites clés à Toulon, Brest ou encore Lanvéoc-Poulmic. Elle intègre notamment le nouveau catamaran d’essais Baliste, construit par le chantier breton Gléhen.

Selon la DGA, CapXDN permettra de « maîtriser de bout en bout certains essais sensibles nécessitant d’être réalisés en toute discrétion ; développer l’écosystème industriel et académique dans le domaine des drones navals ; répondre à un besoin croissant d’essais dans divers domaines avec agilité et réactivité ».

Un tournant pour la souveraineté technologique

L’ensemble de ces initiatives s’inscrit dans le cadre de la loi de programmation militaire 2024-2030, avec une ambition claire : accélérer l’autonomisation technologique et renforcer la souveraineté stratégique de la France dans le domaine des drones militaires. La multiplication des partenariats industriels, l’approche agile de la DGA et l’orientation vers une production bas coût, modulaire et exportable montrent la volonté de conjuguer performance tactique et compétitivité économique.

L’enjeu est crucial : dans un monde où la guerre électronique, la surveillance persistante et la projection à distance redessinent les règles, la France veut rester en première ligne.

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