La chute de Maduro pourrait coûter très cher à Moscou : ce que la Russie risque vraiment

L’arrestation de Maduro par les États-Unis change la donne en Amérique latine.

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La chute de Maduro pourrait coûter très cher à Moscou : ce que la Russie risque vraiment © Armees.com

L’intervention militaire américaine au Venezuela a rebattu les cartes en Amérique latine, exacerbant les tensions diplomatiques dans la région. Nicolas Maduro, le président vénézuélien, a été arrêté par les forces américaines, ce qui prive Moscou de son allié le plus important dans la région et affaiblit sa capacité à projeter son influence économique et militaire sur le continent, rapporte Le Figaro.

Des rencontres serrées et des accords signés

Au printemps dernier, Nicolas Maduro et Vladimir Poutine se sont rencontrés à Moscou, montrant à quel point les liens entre les deux pays étaient resserrés. Invité à la parade militaire du 9‑mai par le président russe, le dirigeant vénézuélien a bénéficié d’un accueil chaleureux, signe d’un partenariat stratégique en pleine consolidation. Lors de cette réunion, les deux hommes ont abordé de nombreux volets de leur coopération et ont signé un accord de partenariat important. D’après Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe, ce texte s’inscrit dans une logique comparable à celle des accords que la Russie a passés avec l’Iran et la Corée du Nord.

Cet accord prévoit des projets pour développer de nouveaux gisements gaziers et pétroliers, éléments importants pour les économies des deux pays. En novembre, une joint‑venture a été reconduite pour 15 ans, renforçant encore la coopération dans le secteur énergétique.

L’intervention américaine et l’arrestation de Maduro

Le week-end dernier, l’opération américaine a abouti à l’arrestation de Nicolas Maduro. La Russie a dénoncé cette action : le ministère des Affaires étrangères a parlé d’une opération « préoccupante » et a qualifié l’intervention d’« agression armée » de la part des États-Unis. Vladimir Poutine, en revanche, est resté silencieux sur le dossier. L’opération a aussi été vue comme un test pour les systèmes de défense aérienne russes S‑300 déployés au Venezuela, dans un climat de tensions croissantes entre les deux pays.

Par ailleurs, Donald Trump a réaffirmé sa volonté d’attirer des compagnies pétrolières américaines pour remettre en état l’infrastructure pétrolière vénézuélienne, augmentant ainsi la pression sur le Venezuela.

Quelles conséquences économiques et géopolitiques ?

La perte du Venezuela est un coup dur pour l’économie russe, déjà mise à l’épreuve par la situation en Ukraine. Les prêts de Moscou à Caracas, évalués à plusieurs milliards d’euros, risquent de ne jamais être remboursés intégralement. De nombreux projets industriels bilatéraux se retrouvent menacés et l’influence russe en Amérique latine se retrouve réduite à peau de chagrin, d’autant que la position américaine dans la région se renforce.

Au-delà de l’économie, l’opération modifie l’équilibre géopolitique en Amérique du Sud. Des dirigeants pro‑Trump émergent dans des pays comme le Chili, l’Argentine, le Honduras, l’Équateur et le Salvador. La Russie perd ainsi un allié stratégique ; le seul fidèle restant dans la région, Cuba, pourrait aussi subir des pressions importantes de la part de Washington.

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