Les États-Unis déploient leurs F-35 à Porto Rico : un message clair envoyé à leurs rivaux

Les tensions entre les États-Unis et le Venezuela s’intensifient avec l’arrivée de cinq F-35B à Porto Rico. Découvrez comment cette militarisation pourrait bouleverser la région et diviser les Portoricains sur l’avenir de leur île.

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Les États-Unis déploient leurs F-35 à Porto Rico : un message clair envoyé à leurs rivaux
Les États-Unis déploient leurs F-35 à Porto Rico : un message clair envoyé à leurs rivaux © Armees.com

La récente arrivée de cinq avions de combat furtifs F-35B à Porto Rico marque une nouvelle étape dans la lutte des États-Unis contre le trafic de drogue dans les Caraïbes et dans leur volonté de faire pression sur le gouvernement vénézuélien. Ce mouvement, ordonné par l’ancien président Donald Trump, se déploie dans un climat international tendu, avec des opérations militaires et des manifestations locales qui soulignent les tensions géopolitiques et économiques de la région.

La situation géopolitique et militaire

Le samedi 13 septembre, cinq F-35B ont touché terre sur l’ancienne base navale de Roosevelt Roads à Ceiba, Porto Rico, rapporte Euronews. Bien que fermée officiellement en 2004, cette base a été remise en service pour soutenir les opérations américaines dans la région. Outre ces appareils, des hélicoptères, des avions Osprey et du personnel militaire ont également été repérés sur le site. Ce renforcement vise à intensifier la lutte contre le trafic de stupéfiants tout en mettant la pression sur le dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro.

Diverses manifestations ont éclaté dans la région pour dénoncer cette militarisation grandissante. La tension militaire dans les Caraïbes s’est d’ailleurs intensifiée durant le week-end, attisant les inquiétudes des habitants quant à l’utilisation renforcée de Porto Rico comme base opérationnelle.

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Les opérations américaines

Dernièrement, les États-Unis ont mené une frappe dans le sud des Caraïbes contre un navire exploité par le gang du Tren de Aragua, originaire du Venezuela. Cette opération a coûté la vie à 11 personnes près de Trinité-et-Tobago. Parallèlement, Washington maintient actuellement huit navires militaires et un sous-marin à propulsion nucléaire au large des côtes vénézuéliennes.

En outre, la récompense a été portée à 50 millions d’euros pour toute information menant à l’arrestation de Nicolás Maduro, que Washington accuse de diriger le « Cartel des soleils ». Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a surpris tout le monde en se rendant lui-même à Porto Rico pour suivre de près ces opérations.

La riposte vénézuélienne

Caracas n’a pas tardé à réagir aux actions américaines. La capitale a condamné l’attaque menée par un destroyer américain contre un bateau vénézuélien lors d’exercices militaires, soulignant une crise diplomatique majeure. Le ministre des Affaires étrangères, Yván Gil, a dénoncé ces gestes comme une tentative de justifier une escalade militaire dans la région. Dans le prolongement, le gouvernement vénézuélien a organisé une vaste journée d’entraînement, impliquant plus de 312 casernes et unités militaires dans le cadre du Plan Independencia 200.

Nicolás Maduro a appelé ses partisans à discuter de stratégies afin de « passer à la lutte armée » si les États-Unis venaient à franchir certaines limites. Ce plan prévoit la mobilisation active des forces armées et de milices sur plus de 280 fronts différents.

Le dispositif militaire et ses équipements

Le dispositif américain comprend six avions furtifs F-35B, soutenus par des avions de transport tels que le C-5 Galaxy et le C-17 Globemaster III. On y trouve également des MV-22 Osprey et des hélicoptères CH-53K King Stallion, tous intégrés dans le groupe amphibie Iwo Jima. Ces appareils ont quitté la Marine Corps Air Station de Yuma en Arizona après une escale en Floride, avant d’atterrir à Porto Rico.

Le ravitaillement en vol a été assuré par un KC-135 Stratotanker survolant Miami, et le dispositif global comprend en tout 4 500 marines et marins, ainsi que huit navires dont un sous-marin nucléaire.

Répercussions économiques et sociales sur place

La réouverture partielle de la base Roosevelt Roads divise les Portoricains. Certains y voient une menace pour l’île, tandis que d’autres y identifient une opportunité de relance économique. Nitza Morán Trinidad insiste sur le fait que cette installation, qui a déjà servi lors des opérations de secours après l’ouragan Maria en 2017, pourrait désormais jouer un rôle stratégique pour la défense et contribuer à redynamiser Ceiba et ses environs.

Alors que les tensions entre Washington et Caracas ne cessent de monter, cette démonstration militaire met en lumière l’engagement des États-Unis dans les Caraïbes, tout en alimentant le débat sur ses répercussions locales tant sur le plan social qu’économique.

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