Intrusion à la centrale de Gravelines : Greenpeace lourdement condamnée

La condamnation de Greenpeace pour intrusion dans la centrale de Gravelines met en lumière la tension entre contestation environnementale et sécurité nucléaire. L’amende infligée et les sanctions individuelles suscitent des débats sur la légitimité de l’action et la portée de la liberté d’expression.

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Intrusion à la centrale de Gravelines : Greenpeace lourdement condamnée
Intrusion à la centrale de Gravelines : Greenpeace lourdement condamnée © Armees.com

Le 2 septembre 2025, le tribunal correctionnel de Dunkerque a condamné Greenpeace France et plusieurs de ses militants pour intrusion dans la centrale nucléaire de Gravelines, dans le Nord. Cette décision, attendue depuis des mois, souligne les enjeux politiques et sécuritaires liés aux actions spectaculaires de Greenpeace, tout en relançant la discussion sur les limites de la liberté d’expression.

Greenpeace condamnée : une sanction financière et judiciaire

Le jugement a été lourd de conséquences pour Greenpeace. L’ONG a été condamnée à une amende de 30 000 €). En parallèle, les douze militants impliqués ont vu leur sort scellé par des peines distinctes. Cinq d’entre eux ont reçu une amende de 800 €, avec inscription au casier judiciaire, tandis que sept autres ont écopé de la même sanction, dont 400 € assortis de sursis, d’après Greenpeace France.

Ce verdict tranche avec les réquisitions du parquet, formulées en juin, qui envisageaient jusqu’à six mois de prison avec sursis pour certains activistes. Bien que les juges aient opté pour des amendes, la condamnation reste lourde et marque une étape importante dans le bras de fer entre Greenpeace et les autorités judiciaires.

Une intrusion spectaculaire et contestée

Les faits remontent à octobre 2024. Ce jour-là, douze militants de Greenpeace se sont introduits sur le site de Gravelines par le canal de rejet, utilisant des pneumatiques motorisés. Ils ont déployé des banderoles, fait voler des cerfs-volants en forme de méduse et allumé des fumigènes bleus. Selon EDF, l’opération a causé des perturbations importantes. L’entreprise a réclamé près de 890 090 € de dommages et intérêts, dont 375 090 € pour préjudice matériel, 500 000 € pour préjudice moral et 15 000 € de frais d’avocat, détaille Greenpeace France.

Face à cette demande, le tribunal a retenu uniquement la responsabilité pénale et non la réparation intégrale souhaitée par l’exploitant. Le contraste entre la somme réclamée et les sanctions prononcées illustre la complexité juridique de ce type d’affaires, où l’action symbolique entre en collision avec la notion de sécurité nationale.

Liberté d’expression et action militante

La réaction de Greenpeace ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué du 3 septembre 2025, l’ONG a dénoncé « une tendance inquiétante à réprimer les défenseuses et défenseurs de l’environnement », selon les mots d’Apolline Cagnat, responsable juridique de Greenpeace France. Pour elle, ce jugement va bien au-delà de la sanction financière : il traduit une volonté de limiter la contestation environnementale.

L’avocate Marie Dosé, qui défend les militants, a elle aussi jugé la décision disproportionnée : « Ces déclarations de culpabilité portent atteinte au respect de la liberté d’expression des militants. (…) Les déclarer coupables est le pire signal qui puisse être donné au combat qu’ils ont le courage de mener », a-t-elle affirmé. Ces prises de position traduisent un malaise grandissant dans la société française, partagée entre l’exigence de sécurité nucléaire et le droit de manifester pour la défense du climat.

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