Il a fui Poutine, il veut maintenant fabriquer ses drones en France

Destinus, passé de l’aviation hypersonique à un acteur clé de la défense, produit 10 000 drones par an et vise 100 000 unités.

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Il a fui Poutine, il veut maintenant fabriquer ses drones en France
Il a fui Poutine, il veut maintenant fabriquer ses drones en France © Armees.com

Créée en 2021 par Mikhaïl Kokoritch, Destinus est rapidement passée d’un projet ambitieux d’avion autonome hypersonique à un acteur majeur dans la défense en Europe. Ce virage témoigne non seulement de l’évolution du marché, mais également d’une adaptation face aux événements en Ukraine. L’entreprise, reconnue pour ses innovations en matière de drones, s’impose désormais comme un pilier pour l’armée ukrainienne.

Du rêve hypersonique à la défense

À l’origine, Destinus voulait mettre au point un avion capable d’atteindre Mach 3 (soit plus de 6 100 km/h). Mais avec l’évolution rapide du décor géopolitique, particulièrement à cause du conflit en Ukraine, la société a recentré ses efforts sur la fabrication de drones militaires. Depuis 2023, elle se positionne comme le principal fabricant européen de « grands drones d’attaque », contribuant à l’industrie des drones qui transforme les stratégies militaires ukrainiennes.

La gamme proposée est variée et spécialement conçue pour répondre aux besoins militaires d’aujourd’hui, comme le drone Palianytsia qui renforce directement les moyens de défense ukrainiens. On y trouve par exemple :

  • les drones « Lord », qui peuvent transporter plusieurs dizaines de kilos d’explosifs ;
  • les drones « Ruta », évoquant l’allure de missiles de croisière ;
  • et les intercepteurs « Hornet », spécialement conçus pour neutraliser les drones russes Gueran-2.

Se développer et produire massivement

Actuellement, Destinus produit environ 10 000 grands drones par an et ambitionne de passer à 100 000 unités annuelles, confirme son PDG dans une interview avec l’AFP. Pour y arriver, Mikhaïl Kokoritch envisage une expansion majeure en France – la France figure parmi les candidats privilégiés pour accueillir une usine géante et automatisée. Les bureaux opérationnels se situent à Paris, et les sites d’assemblage s’étendent en Espagne, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Ukraine.

L’entreprise prépare également une seconde version améliorée de ses drones antidrone, inspirée par des systèmes comme le Sky Sentinel, qui offrira une vitesse et une portée supérieures. La production devrait débuter dès le début de l’année prochaine, avec l’objectif de livrer mensuellement un millier de ces nouveaux modèles aux forces ukrainiennes.

Plan de jeu et collaborations

Avec un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros, Destinus continue d’innover grâce à des acquisitions ciblées et à des partenariats solides. Le rachat récent d’une start-up suisse spécialisée dans l’intelligence artificielle montre bien sa volonté d’intégrer des technologies de pointe dans ses produits. En parallèle, sa collaboration avec Thalès renforce sa place dans le secteur de la défense.

Les ambitions de l’entreprise vont au-delà d’améliorer la capacité d’emport de ses appareils. Elle travaille également sur le développement de modèles aéroportés pouvant être largués depuis un avion tactique. Destinus vise aussi à poser les bases d’un « mur » antidrone dans le ciel européen d’ici 2027.

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