Ukraine : l’armée chinoise aurait formé dans le secret des militaires russes

Des documents de renseignement européens évoquent une formation discrète de soldats russes par l’armée chinoise avant leur déploiement en Ukraine. Une coopération militaire qui inquiète plusieurs capitales européennes.

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Des documents de renseignement européens évoquent une formation discrète de soldats russes par l’armée chinoise avant leur déploiement en Ukraine. Une coopération militaire qui inquiète plusieurs capitales européennes. Wikipedia
Des documents de renseignement européens évoquent une formation discrète de soldats russes par l’armée chinoise avant leur déploiement en Ukraine. Une coopération militaire qui inquiète plusieurs capitales européennes. Wikipedia | Armees.com

La relation stratégique entre la Chine et la Russie franchit un nouveau cap. Selon plusieurs informations relayées par la presse allemande, des militaires russes auraient été formés en Chine à des techniques de guerre modernes avant d’être envoyés sur le front en Ukraine. Drones, guerre électronique, simulations de combat : cette coopération militaire alimente les inquiétudes des services européens de Défense et confirme le rapprochement accéléré entre Moscou et Pékin depuis le début du conflit.

Une coopération militaire discrète centrée sur les nouvelles technologies de combat

D’après des documents attribués à des services de renseignement européens et révélés par le quotidien allemand Die Welt, plusieurs centaines de militaires russes auraient participé à des programmes d’entraînement organisés par l’armée chinoise à la fin de l’année 2025. Ces formations se seraient déroulées sur plusieurs bases militaires chinoises et auraient porté principalement sur l’utilisation de drones et les techniques de guerre électronique.

Les exercices évoqués concernaient notamment les systèmes sans pilote, les contre-mesures face aux drones ennemis et les simulations de combat modernes. Ces sujets sont devenus centraux dans la guerre en Ukraine. Depuis 2022, le conflit a profondément transformé les doctrines militaires. Les drones d’observation, les drones kamikazes et les systèmes de brouillage électronique jouent désormais un rôle déterminant sur le champ de bataille.

Selon les informations publiées, les soldats russes concernés appartenaient à différents grades et différentes générations militaires. Certains seraient issus de l’unité d’élite russe Rubicon, spécialisée dans les opérations liées aux drones. Après cette période de formation, plusieurs dizaines d’entre eux auraient ensuite été engagés en Ukraine dès le début de l’année 2026, parfois dans des fonctions de commandement.

L’AFP précise toutefois qu’elle n’a pas été en mesure de vérifier indépendamment ces révélations. Les autorités allemandes restent également prudentes. Le service de renseignement extérieur allemand, le BND, n’a pas confirmé officiellement ces informations.

Cette affaire intervient dans un contexte diplomatique particulier. Au même moment, Vladimir Poutine et Xi Jinping participaient à un sommet bilatéral à Pékin, illustrant une nouvelle fois la proximité stratégique entre les deux puissances. Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Chine affiche officiellement une position de neutralité tout en maintenant des liens économiques et politiques étroits avec Moscou.

L’Ukraine au cœur d’un échange stratégique entre Moscou et Pékin

Les révélations publiées par la presse allemande vont au-delà de simples formations techniques. Elles décrivent une coopération militaire plus large entre les deux pays. D’après ces documents, des soldats chinois auraient également été accueillis discrètement en Russie afin d’être formés à certaines spécialités militaires, notamment les blindés, l’artillerie, le génie militaire et la défense antiaérienne.

Cette dynamique traduit une évolution importante des relations entre les deux États. Depuis plusieurs années, Moscou et Pékin multiplient les exercices militaires conjoints, les coopérations industrielles et les échanges stratégiques. Mais la guerre en Ukraine semble avoir accéléré ce rapprochement dans le domaine de la Défense.

Les deux pays échangeraient également des informations techniques concernant les équipements occidentaux utilisés par l’armée ukrainienne. Les documents cités évoquent notamment des analyses portant sur les lance-roquettes américains M142 HIMARS ou les systèmes antiaériens MIM-104 Patriot livrés à Kyiv par les États-Unis et leurs alliés.

Cette circulation d’informations militaires inquiète plusieurs responsables européens. Un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères a rappelé que tout soutien permettant à la Russie de poursuivre la guerre en Ukraine représentait une menace directe pour la sécurité européenne. Sans confirmer explicitement les révélations, Berlin estime que l’appui croissant de la Chine à Moscou constitue un sujet majeur pour la stabilité régionale.

Au Bundestag, certains élus spécialisés dans le contrôle des services de renseignement considèrent que ces informations correspondent à une tendance observée depuis plusieurs années. La coopération entre Moscou et Pékin ne se limite plus aux échanges diplomatiques ou économiques. Elle touche désormais des secteurs militaires sensibles, dans un contexte international marqué par le retour des rivalités de puissance.

Pour plusieurs analystes occidentaux, cette évolution pourrait modifier progressivement les équilibres stratégiques autour de la guerre en Ukraine. La Chine continue officiellement d’appeler à une solution politique, mais ses relations renforcées avec la Russie alimentent les interrogations des pays européens et de l’Otan. De son côté, Moscou cherche à compenser son isolement international en consolidant ses partenariats avec des puissances capables de soutenir son industrie militaire et ses capacités technologiques.

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