Pokrovsk, Oblast de Donetsk – mai 2025. Au sud de cette ville régulièrement pilonnée par l’artillerie russe, une brigade ukrainienne tient la ligne avec un insigne peu commun cousu à l’épaule : un trident doré flanqué de fleurs de lys françaises. Cet écusson, désormais officiellement reconnu par le général Oleksandr Syrsky, commandant en chef des Forces armées ukrainiennes, appartient à la 155e brigade mécanisée.
Le lys, marque de l’alliance franco-ukrainienne
Le lys n’est pas qu’un motif. Il incarne une mémoire et un engagement. « Cet emblème incarne la dureté de l’acier et la profondeur des traditions », explique le colonel Taras Maksymov, chef de la brigade et initiateur de la devise inscrite sur les écussons : “Fortitudo. Honor. Victoria.” – Courage. Honneur. Victoire. Un triptyque en latin, langue des anciens guerriers et des traités, qui unit passé et présent dans une fraternité d’armes.
La présence des lys français n’est pas un hasard. Depuis 2022, la brigade a bénéficié de formations conjointes en Ukraine et en France, selon les programmes de coopération militaire mis en place par l’Union européenne et bilatéralement avec Paris. Plusieurs unités de la 155e ont été entraînées sur des AMX-10RC, des VAB modernisés et des systèmes de combat fournis dans le cadre de l’aide militaire française. Cette empreinte française dans leur préparation et leur équipement trouve un écho naturel dans le choix des symboles.
Pokrovsk, épicentre de la guerre
Cette reconnaissance officielle de l’insigne survient à un moment critique. Depuis plusieurs mois, la région de Pokrovsk est l’un des points de contact les plus violents du front. Selon les données de l’état-major ukrainien et les rapports du Kyiv Independent, les troupes russes y concentrent leurs efforts pour tenter d’encercler les forces ukrainiennes dans le Donbass. Dans cet enfer, la 155e brigade tient, incarne cette résilience, cette volonté de combattre jusqu’au bout.








