La Haute-Marne a récemment accueilli une compétition un peu à part qui marque un tournant dans l’art militaire. L’armée française y a organisé sa première compétition internationale de drones militaires, où plusieurs équipes étrangères ont pu comparer leurs capacités de frappe aérienne. Cet événement, motivé par l’accélération du développement des drones liée à la guerre en Ukraine, a rassemblé plusieurs nations et montre une évolution nette du paysage militaire, notamment en matière de défense aérienne.
Une compétition à grande échelle
Pendant deux jours, le 19 et 20 mai, la compétition s’est tenue au sein du 61e régiment d’artillerie de la Haute-Marne, un site stratégique qui a accueilli environ 50 équipes, rapporte franceinfo. Parmi elles, 37 équipes françaises et 11 équipes alliées de l’OTAN étaient présentes, venant du Royaume-Uni, de la Pologne, de l’Italie, du Danemark, et des États-Unis.
Le lieutenant Léo, chef de section, explique que les équipes étaient organisées en binômes de dronistes : un télépilote, chargé de la conduite et de la frappe, et un spotter, qui s’occupe des corrections mineures et de la vision d’ensemble. La présence de juges aux masques blancs a donné une dimension solennelle à la compétition, où chaque binôme cherchait à affiner ses techniques de pilotage tout en échangeant avec des alliés internationaux. Le major Pawel, soldat polonais, a insisté sur l’intérêt de ces échanges : « Entre alliés, nous pouvons parler de nos compétences, de notre matériel, de nos équipements », soulignant l’importance de la formation militaire.
Les épreuves et ce qu’elles visent
Les épreuves ont été pensées pour évaluer les capacités de frappe de ces engins, avec des courses et des parcours originaux. Un exercice filmé montrait par exemple un binôme ciblant avec précision un ballon fixé sur un pick-up en mouvement, démontrant les compétences nécessaires pour maîtriser ces appareils en situation de guerre réelle.
Le caporal-chef Clément, de l’armée française, a souligné l’intérêt d’utiliser un terrain aussi vaste que la base de 550 hectares : « Ce sont des exercices qu’on fait régulièrement chez nous, mais qu’on ne peut pas reproduire dans des espaces aussi vastes. Donc ça a un vrai intérêt de finaliser ce pour quoi on s’entraîne. »
Ce que ça change pour l’avenir
Les drones militaires, désormais omniprésents sur le champ de bataille, représentent une véritable révolution, notamment avec l’usage possible des essaims de drones. Le général Pierre Schill, chef d’état-major de l’Armée de terre, a comparé cette avancée à des révolutions militaires du passé, comme l’invention de la poudre ou du char : « Les drones sont désormais une réalité incontournable de toutes les opérations. C’est un peu la nouvelle frontière. » Cette évolution s’accompagne aussi d’une transformation industrielle et sociétale, alors que les industriels investissent fortement dans des machines toujours plus performantes, illustrant une innovation technologique.
La compétition s’est terminée par la victoire d’un binôme français issu du 13e régiment de dragons parachutistes, preuve du savoir-faire de ces équipes malgré un entraînement relativement récent. Comme le dit le sergent Luke Crossley, « Certaines équipes françaises n’ont eu que deux à cinq mois d’entraînement environ. Pourtant, elles s’en sortent très bien. »








