Défense : plus d’un jeune sur deux prêt à s’engager en cas de guerre

Jean Baptiste Le Roux
Par Jean-Baptiste Leroux Publié le 15 avril 2024 à 16h02
Guerre : les jeunes Français davantage prêts à s'engager Wikipedia

L'engagement patriotique des jeunes Français en cas de guerre semble prendre un nouvel élan, comme le démontre une récente étude sociologique menée pour le ministère des Armées. Environ 57% des jeunes de 18 à 25 ans expriment leur volonté de s'engager militairement pour la France, illustrant ainsi un profond sentiment de devoir national.

Une sensibilisation des jeunes face aux tensions mondiales

Les résultats de cette enquête, orchestrée par des entités affiliées au ministère des Armées, indiquent un désir accru parmi les jeunes de contribuer de manière significative à la sécurité de leur pays. Anne Muxel, chercheuse au CNRS, suggère que cette tendance est motivée notamment par une quête de sens et d'utilité personnelle. L'escalade du conflit ukrainien semble avoir cristallisé cette volonté, avec un jeune sur deux prêt à s'engager directement dans des missions en Ukraine.

La perception de menaces directes aux frontières de l'Union européenne a également renforcé cette disposition à s'engager, faisant de la jeunesse un groupe particulièrement concerné par les implications des crises internationales. Si l'on ajoute à l'Ukraine la crise actuelle entre l'Iran et Israël, et les potentielles conséquences sur le plan international, on débouche sur un climat qui pourrait amener les jeunes à une vraie réflexion sur la question de l'engagement.

Une génération face au spectre de la guerre

L'adhésion à l'idée d'une intervention française en Ukraine est plus élevée chez les jeunes, avec 31% d'entre eux en faveur de l'envoi de troupes, contre seulement 17% des personnes de plus de 50 ans. Cela marque une claire différence générationnelle dans les attitudes envers la politique étrangère et la défense.

De plus, même si l'idée d'un conflit nucléaire est largement redoutée, une proportion significative de jeunes est prête à accepter l'utilisation de l'arme nucléaire en dernier recours. Ce paradoxe souligne la complexité de leurs positions vis-à-vis de la guerre et des mesures défensives extrêmes.

Une nouvelle perception du service militaire ?

L'intérêt renouvelé pour le service militaire se manifeste également, avec une majorité des jeunes sondés favorable à la réintroduction d'un service obligatoire. Le Service National Universel (SNU) bénéficie également d'une popularité notable, attirant environ la moitié des jeunes interrogés.

Ces données mettent en lumière un lien solide, quoique évolutif, entre les jeunes Français et les forces armées. Toutefois, il est à noter que les jeunes femmes restent globalement moins impliquées dans les sphères militaires et de défense. Ce dynamisme renouvelé parmi les jeunes hommes et femmes pourrait influencer de manière significative les stratégies de défense nationale de la France à l'avenir, dans un contexte géopolitique instable.

Jean Baptiste Le Roux

Jean-Baptiste Le Roux est journaliste. Il travaille également pour Radio Notre Dame, en charge du site web. Il a travaillé pour Jalons, Causeur et Valeurs Actuelles avec Basile de Koch avant de rejoindre Economie Matin, à sa création, en mai 2012. Il est diplômé de l'Institut européen de journalisme (IEJ) et membre de l'Association des Journalistes de Défense. Il publie de temps en temps dans la presse économique spécialisée.