Guerre en Ukraine : rencontre sous haute tension entre Trump, Zelensky et les Européens

Pour mettre fin à la guerre en Ukraine, Volodymyr Zelensky rencontre ce lundi 18 août 2025 le président américain Donald Trump.

Publié le
Lecture : 3 min
guerre-en-ukraine-zelensky-trump-rencontre
Guerre en Ukraine : rencontre sous haute tension entre Trump, Zelensky et les Européens © Armees.com

Après son entrevue avec le président russe, Vladimir Poutine, Donald Trump reçoit son homologue ukrainien. Craignant des conditions inacceptables pour mettre un terme à la guerre en Ukraine, Volodymyr Zelensky se rend à cette entrevue avec les principaux chefs d’État européens.


Donald Trump au centre de la fin de la guerre en Ukraine


Ce lundi 18 août 2025, Donald Trump doit recevoir à la Maison-Blanche le président ukrainien Volodymyr Zelensky, entouré d’une délégation européenne triée sur le volet. Cet événement s’annonce comme un tournant diplomatique de la guerre en Ukraine, plus de trois ans après l’invasion russe. Tandis que la Russie continue de gagner du terrain sur plusieurs fronts, cette rencontre, très attendue, soulève autant d’espoirs de désescalade que de craintes de marchandages stratégiques.


Depuis son retour au premier plan, Donald Trump martèle un discours simple : lui seul serait capable de mettre un terme à la guerre en Ukraine. Le 15 août, lors de son tête-à-tête avec Vladimir Poutine à Anchorage, il a évoqué une « vision réaliste de la paix », sans jamais détailler les contours de cette proposition. À ses yeux, la solution serait « immédiate » si les Ukrainiens acceptaient de « faire preuve de pragmatisme ». Une formule inquiétante pour les Européens comme pour Kiev, qui redoutent un abandon pur et simple des revendications ukrainiennes en matière d’intégrité territoriale. Vladimir Poutine fait de l’annexion de l’oblast de Donetsk une condition sine qua non pour envisager un cessez-le-feu.


Le chef de l’État ukrainien, lui, reste inflexible : « Aucune paix ne sera envisageable sans la restitution de la Crimée et du Donbass », a-t-il rappelé en conférence de presse, juste avant son départ pour Washington. Mais face à un Trump en quête de trophée diplomatique, le rapport de force pourrait vite s’inverser. Le risque ? Voir la guerre en Ukraine devenir une monnaie d’échange électorale sur l’autel des intérêts américains.


Donald Trump, les Européens et la redéfinition des rapports de force


Officiellement, les dirigeants européens (Emmanuel Macron, Ursula von der Leyen, Keir Starmer, Friedrich Merz…) accompagneront Zelensky pour affirmer une position commune. En coulisses, ça ressemble plus à la panique. L’Union européenne redoute d’être marginalisée dans un scénario où Donald Trump négocierait seul avec le président ukrainien, voire directement avec Poutine.


La réunion préparatoire de la « coalition des volontaires », organisée en visioconférence le 17 août, n’a fait que confirmer cette fébrilité. Les ambitions européennes s’articulent autour d’un projet de garanties de sécurité hors OTAN, porté notamment par la présidence espagnole et la chancellerie allemande. Mais sans calendrier ni plan d’action concret, la coalition peine à convaincre. Donald Trump le sait, et il joue de ces failles : en se posant comme interlocuteur unique, il affaiblit les Européens tout en séduisant les électeurs américains lassés d’un engagement prolongé à l’étranger.


Volodymyr Zelensky à la croisée des chemins


Pris entre deux blocs incertains, Volodymyr Zelensky arrive à Washington dans une position plus fragile que jamais. Il doit à la fois rassurer son opinion publique, inquiète d’un possible recul stratégique, et ménager ses partenaires européens, tout en évitant une rupture avec les États-Unis.


L’issue de cette rencontre dépendra de sa capacité à résister à la pression trumpienne sans se couper de son principal soutien militaire. Car derrière les belles promesses, les chiffres parlent d’eux-mêmes : les livraisons d’armes occidentales ont chuté de 22 % depuis avril 2025, et plusieurs aides financières sont en attente de validation par le Congrès américain. Un diplomate européen prévient déjà : « Si Trump impose ses vues à Zelensky, l’Europe n’aura plus qu’à jouer les figurants. Et dans cette pièce-là, personne ne veut finir au second plan. »

Laisser un commentaire

Share to...