Dans la nuit du 20 au 21 août 2026, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé sur Telegram que cette nuit-là, leurs frappes avaient touché une raffinerie à Perm, à plus de 1 600 kilomètres de la frontière, ainsi qu’un aéroport militaire à Marinovka, dans la région de Volgograd, et que des résultats avaient également été obtenus dans la zone de la mer Noire.
Selon un article du Monde, un chasseur-bombardier Su-34 a été endommagé sur la base d’Akhtoubinsk. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent de la fumée s’échapper de la raffinerie Lukoil-Permnefteorgsintez, à environ 1 500 km de la frontière russo-ukrainienne. Le ministère de la sécurité territoriale de la région de Perm a fait état, vendredi vers 6 h, d’un engagement des forces de défense aérienne pour contrer une attaque de drones ennemis, avant de lever l’alerte à 7 h sans confirmer de dégâts.
Ce site, l’une des plus importantes raffineries de Russie avec une capacité de traitement d’environ 13 millions de tonnes de pétrole par an selon le service de sécurité ukrainien, avait déjà été visé le 29 juillet.
Frappes croisées et bilan meurtrier à Kharkiv
L’armée de l’air ukrainienne a recensé 135 drones russes lancés dans la nuit, dont 107 détruits ou brouillés ; 27 ont touché 16 localités. Moscou affirme de son côté avoir déjoué 325 drones ukrainiens, un chiffre à comparer aux 726 revendiqués la nuit précédente et aux 822 de la nuit du 15 au 16 août, selon le ministère russe de la Défense.
Dans le village de Lebiaje, district de Tchouhouïv (oblast de Kharkiv), deux femmes de 73 et 66 ans ont été tuées par une attaque de drones, a indiqué Oleh Synehoubov, chef de l’administration militaire régionale. Deux autres, âgées de 41 et 73 ans, ont été blessées ; plusieurs habitations et bâtiments agricoles ont été détruits ou endommagés.
Le poste-frontière de Tabaky, dans la région d’Odessa, à la frontière avec la Moldavie, a lui aussi été touché par des drones russes. Les bâtiments ont été endommagés et les incendies maîtrisés, selon les gardes-frontières ukrainiens, mais le point de contrôle a cessé de faire passer personnes et véhicules.
16 morts à Kiev, Zelensky promet une réponse à longue portée
L’attaque massive de missiles et de drones menée par la Russie dans la nuit du 19 au 20 août a fait 16 morts et près de 50 blessés dans la capitale ukrainienne, selon un bilan final. Les étages supérieurs d’un immeuble de neuf étages ont été détruits dans le quartier Solomianskyi, où la majorité des victimes a été recensée, a précisé le maire Vitali Klitschko, qui a décrété vendredi 21 août journée de deuil national.
De nouvelles frappes menées en journée le 20 août ont fait au moins deux morts et trois blessés supplémentaires. Dans le raïon Holossiïvsky, la chute de débris d’un drone a provoqué un incendie dans un centre d’affaires, faisant un mort et deux blessés ; quelques heures plus tard, un autre incendie causé par des débris a fait un mort et un blessé dans le même quartier.
Une infrastructure critique de la capitale aurait été délibérément visée pour la première fois depuis plusieurs mois, selon Klitschko, provoquant des perturbations de l’approvisionnement en eau chaude.
Zelensky a promis une riposte à longue portée et appelé les partenaires, en particulier les États-Unis, à fournir des missiles pour systèmes Patriot, que l’Ukraine est prête à acheter. Plus de 200 sites ont été endommagés, dont 86 habitations et un hôpital pour enfants. Environ 90 % des missiles de croisière russes ont été interceptés, contre aucun des missiles balistiques.
2 morts dans une frappe ukrainienne en Crimée
En Crimée, une attaque ukrainienne sur le district de Simferopol a fait deux morts et trois blessés, dont un enfant, a rapporté sur Telegram Sergueï Aksionov, dirigeant de la république de Crimée nommé par la Russie. Une personne a également été blessée dans le district de Saky.
Robert Brovdi, commandant des forces de drones ukrainiennes, a averti que les épreuves les plus difficiles restent à venir, évoquant une stratégie russe visant à punir les civils.
3 affaires judiciaires en marge du conflit
En Australie, la police fédérale a annoncé le 21 août l’inculpation d’un citoyen russo-australien de 27 ans pour ingérence étrangère. Il aurait suivi une formation militaire en Russie en octobre 2024, avant de s’engager en 2025 dans les forces ukrainiennes et de tenter de transmettre des informations sur le personnel et les positions ukrainiennes à des individus qu’il croyait liés au renseignement russe.
La commissaire de la police fédérale australienne, Krissy Barrett, a averti : « Nous ne voulons pas que l’Australie devienne un refuge pour les personnes qui se livrent à des activités d’ingérence étrangère au nom d’autres pays. » Le crime est passible de 20 ans de prison.
En Croatie, un tribunal a ordonné le 20 août la détention de Volodymyr Z., ressortissant ukrainien né en 1979 et plongeur de formation, arrêté la veille dans un hôtel de Pula sur la base d’un mandat d’arrêt européen le liant au sabotage du gazoduc Nord Stream en 2022. Sa remise à l’Allemagne est en jeu ; un juge polonais avait pourtant refusé son extradition en 2025, estimant qu’il avait commis un acte juste.
À Varsovie, les services de sécurité polonais ont annoncé l’arrestation de Serhiy P., Ukrainien de 63 ans soupçonné d’avoir tenté d’assassiner, sur ordre présumé des services russes, un représentant de l’industrie de défense ukrainienne à Irpine. L’engin explosif placé sous son véhicule n’a pas explosé en raison d’une défaillance.
Enfin, la Russie a lancé le 20 août un mandat d’arrêt contre Michael Martens, correspondant pour les Balkans du Frankfurter Allgemeine Zeitung, après une question posée le 8 août lors d’une conférence de presse à Belgrade sur les moyens d’aider l’Ukraine à tuer davantage de Russes, le journaliste précisant ensuite de soldats russes. L’Association allemande des journalistes a dénoncé des poursuites pénales visant une question posée en conférence de presse.








