L’armée américaine cherche en permanence à évoluer. Depuis plusieurs mois, elle travaille sur une nouvelle arme : des fusils à IA. Boostée par l’intelligence artificielle, cette technologie vise à aider à neutraliser les drones, y compris les Shahed iraniens.
L’armée américaine mise sur les fusils à IA
Il y a quelques jours, lors de l’exercice multinational « Project Flytrap » organisé en Allemagne, un prototype de fusil à IA a été dévoilé par l’armée américaine. Cette expérimentation s’inscrit dans une série de tests destinés à renforcer les capacités de neutralisation des drones hostiles, omniprésents en Ukraine ou dans le conflit entre l’Iran et Israël. Le système testé, baptisé SMASH 2000L, pourrait bouleverser la doctrine du tir à l’arme légère en y injectant une dose de précision algorithmique.
Installé sur une carabine M4A1, le fusil à IA repose sur un dispositif de visée assistée par intelligence artificielle, développé par la société israélienne Smart Shooter. Le système est décrit comme « un guidage épaulé par une IA, qui vient corriger la trajectoire en temps réel afin de viser une cible donnée ». Ainsi, l’arme ne tire que si la probabilité d’atteindre l’objectif est maximale. Une véritable assurance, qui transforme chaque soldat en tireur d’élite assisté.
Cette technologie, intégrée au système SMASH 2000L, est déjà perçue comme un pivot stratégique. Grâce à des capteurs électro-optiques et à la reconnaissance automatique des cibles, elle identifie, verrouille et tire avec une efficacité calculée. Une version serait déjà en test sur le front ukrainien. L’objectif affiché est clair : permettre à des unités ukrainiennes mobiles d’abattre beaucoup plus facilement des drones, sans devoir recourir aux systèmes de défense traditionnels.
Le cauchemar des Shahed : drones contre algorithmes
L’obsession de cette offensive technologique ? Les drones Shahed iraniens, ces engins pilotés à distance, peu coûteux et redoutables, qui harcèlent les troupes ukrainiennes sur le front. Fabriqués initialement en Iran, ils sont aujourd’hui l’arme de prédilection de certaines unités russes, semant le chaos par leur imprévisibilité.
Le fusil à IA entre alors en scène comme une réponse calibrée à ces attaques volantes. Le système SMASH agit là où l’œil humain faiblit. Il permet d’anticiper les trajectoires et applique une doctrine du tir minimaliste : « one shot, one hit ». Cette technologie fonctionnerait sur des drones atteignant jusqu’à 800 km/h.
Le test récent n’est pas qu’une démonstration technique : il s’inscrit dans un contexte contractuel bien plus large. En mai 2025, le Département de la Défense américain a attribué à Smart Shooter un contrat de 13 millions de dollars (environ 12,2 millions d’euros), dans le cadre de son programme Transformation In Contact (TIC 2.0). Ce programme vise à réinventer l’engagement au combat au contact direct.
Derrière cette arme, c’est un changement de paradigme qui s’amorce. L’intelligence artificielle ne se contente plus d’assister : elle décide. Elle déclenche. Elle vise. Elle corrige. L’humain devient support, opérateur d’un jugement bien plus rapide que le sien. La guerre, déjà numérique, devient algorithmique jusque dans la gâchette.








