Les F-35, véritables bijoux de l’aviation militaire, équipent de nombreuses armées alliées des États-Unis. Mais Washington peut-il en restreindre l’usage, voire désactiver ces appareils à distance ? Une dépendance qui suscite l’inquiétude de plusieurs pays européens et remet en question leur souveraineté militaire.
F-35 : l’avion perd en efficacité sans le soutien américain
Officiellement, aucun « kill switch » ne permettrait aux États-Unis de désactiver d’un simple clic les F-35 exportés. Pourtant, le fonctionnement de ces appareils repose en grande partie sur le logiciel ALIS (Autonomic Logistics Information System), remplacé par ODIN (Operational Data Integrated Network). Ce système gère la maintenance, la logistique et même certains paramètres opérationnels des avions.
L’ensemble des données critiques du F-35 est stocké et traité sur des serveurs situés aux États-Unis, notamment à Fort Worth au Texas et Eglin en Floride. Tout utilisateur de F-35 doit ainsi se connecter régulièrement à ces infrastructures. Comme le souligne l’expert en aéronautique Xavier Tytelman, « il est marqué noir sur blanc dans les contrats qu’il faut se connecter au moins tous les 30 jours au serveur américain pour que le système de préparation de mission continue à fonctionner convenablement ».
Si un pays équipé de F-35 décidait de couper tout lien avec Washington, ses appareils ne cesseraient pas immédiatement de voler. Toutefois, ils fonctionneraient en mode dégradé, sans mises à jour, sans maintenance optimisée et sans accès aux dernières configurations radar. En d’autres termes, ces avions deviendraient progressivement obsolètes par rapport aux modèles utilisés par l’US Air Force.
Un précédent illustre cette dépendance. Lors des négociations entre les Émirats arabes unis et les États-Unis, il est apparu que Washington pouvait potentiellement désactiver à distance la furtivité du F-35. Cette révélation a conduit Abou Dabi à annuler un contrat de 20 milliards de dollars et à se tourner vers les Rafale français.
Une alternative européenne ?
En Europe, plusieurs pays ont déjà reçu ou s’apprêtent à recevoir des F-35, notamment la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas et la Pologne. Si aucun dirigeant ne remet encore ouvertement en question cette dépendance, des interrogations émergent. Le chef de la défense belge, Frédérik Vansina, a tenté de rassurer : « Les F-35 ne sont pas des avions téléguidés. Je n’ai pas connaissance d’un bouton jaune aux États-Unis qui permettrait de mettre au sol les F-35 de tel ou tel pays. »
Mais si la crise diplomatique s’agrandît entre les États-Unis et le reste de l’Occident, pourrait-il entraver les opérations de leurs alliés ? Une telle hypothèse ne serait pas dans l’intérêt immédiat des États-Unis, comme l’explique l’ancienne pilote de chasse Marion Buchet : « Il est peu plausible que les États-Unis coupent cet accès aux Européens, puisque les Européens sont leurs clients. Donald Trump est un businessman et ces éléments permettent aux États-Unis de faire marcher leur industrie de défense. »
Face à cette dépendance, certains pays commencent à explorer d’autres options. Le Portugal a finalement renoncé à acquérir des F-35 pour éviter d’être tributaire de Washington. L’Allemagne et la Suisse, bien que déjà engagées dans des commandes, s’interrogent sur l’intérêt à long terme d’une telle alliance technologique.
Les alternatives existent. Le Rafale français, l’Eurofighter Typhoon et le Gripen suédois offrent des capacités avancées sans imposer une telle dépendance à un pays tiers. Mais la suprématie technologique du F-35, notamment en matière de furtivité et d’intégration numérique, reste un argument de poids pour de nombreux États.









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